Résidus d’acétamipride dans l’huile d’olive : non à un modèle qui suppose d’augmenter les doses de pesticides !

26 novembre 2018

Le Comité permanent de l’Union européenne en charge des questions des plantes des animaux et de l’alimentation (SCOPAFF) a adopté 19 septembre 2018 une révision des limites maximales résiduelles (LMR) d’un des cinq néonicotinoïdes interdits en France, l’acétamipride, les diminuant dans tous les fruits et légumes, mais en les triplant dans le cas des olives et de l’huile d’olive. Cette décision fait suite à une évaluation de l’EFSA publié en avril 2018. Réaction de Michèle RIVASI.

L’acétamipride est massivement utilisé depuis 2013 en Europe du Sud pour lutter contre la bactérie Xyllela Fastidiosa, ciblant les arbres vecteurs de la bactérie, plutôt que la bactérie elle-même.

Particulièrement néfaste pour les abeilles et les pollinisateurs, il a été montré que l’acétamipride pouvait se métaboliser et s’accumuler chez l’homme. Différentes études récentes, parues entre 2015 et 2018, suggèrent que l’acétamipride perturbe le système endocrinien, impacte le développement neurologique, avec un effet neurotoxique, génotoxique et immunotoxique…

Déclaration de Michèle RIVASI :

« La tendance de l’EFSA à revoir à la hausse le plafond des résidus d’acetamipride dans les olives et l’huile d’olive est extrêmement préoccupante. Alors que les LMR de l’acétamipride recommandées par l’EFSA en avril dernier diminuent pour les pommes, les poires, les pèches, les choux, les salades, il s’agit dans le cas des olives et de l’huile d’olive de la seconde hausse des LMR en 3 ans ! Ses LMR sont d’abord passées en 2016 de 0,01 à 0,9 mg/kg. Puis maintenant de 0 ,9 à 3 mg/kg en 2018.

Les nouveaux seuils proposés permettent de pulvériser jusqu’à 10 à 20 fois plus de produits sur les oliviers. Plutôt que donner des moyens urgents pour combattre efficacement la bactérie Xylella, ou promouvoir des pratiques sans danger pour l’environnement, en appliquant par exemple la quarantaine ou des traitements ciblés arbre par arbre, on continue à faire la même chose en permettant d’augmenter les doses de pesticides en relevant les seuils maximums des résidus d’acetamipride dans les olives et l’huile d’olive… En clair, cela permet la mise sur le marché de produits alimentaires empoisonnés aux pesticides. Ce n’est pas acceptable !

C’est pourquoi nous avons décidé avec plusieurs collègues parlementaires de la Commission Environnement d’objecter cette décision du SCOPAFF car, au-delà de l’incohérence flagrante des LMR adoptés pour les olives et l’huile d’olive, des LMR à contresens des autres valeurs préconisées et de la volonté affichée de réduire l’usage des pesticides et les doses journalière admissibles, nous ne pouvons plus tolérer des recommandations qui affectent la biodiversité et augmentent les risques sanitaires et les effets cocktail associés. »

 

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