Tribune pour empêcher l’expulsion de Samira

Plus de 200 personnalités, dont des eurodéputés écologistes, ont interpellé, dans une lettre ouverte intitulée « Notre France », Emmanuel Macron au sujet de l’expulsion prévue mardi de Samira, une jeune ivoirienne de 10 ans.  

La situation de cette jeune fille va être réexaminée et le gouvernement a renoncé à l’expulser vers l’Italie suite à cette pétition, comme l’aurait exigé la procédure de Dublin. Merci à cette mobilisation !

 

Voici le courrier adressé au chef de l’Etat, qui s’intitule « Notre France » :

via Change.org 

https://www.change.org/p/samira-doit-rester-parmi-nous

 

Monsieur le Président,

Fatoumata Samira Diko a 10 ans. Elle est aujourd’hui une élève épanouie de CM2, s’émerveillant de passer chaque matin les portes de l’école de la république et d’y retrouver ses amis comme sa professeure.

Contrairement à ses camarades de classe, elle a pourtant déjà presque tout connu de la dureté du monde. Fuyant avec ses parents l’excision qui lui était promise en Côte d’Ivoire, elle a survécu à l’enfer de la Libye, puis a l’horreur des radeaux de la méduse de la Méditerranée, perdant sa mère au cours de la traversée. Elle a affronté ensuite la difficulté de la condition de migrante dans l’Italie de Matteo Salvini. Puis elle a enfin trouvé, en France, dans notre pays, un havre, un lieu où reconstruire sa jeune vie déjà si malmenée.

« Samira doit monter dans un avion mardi matin. Ou basculer dans la clandestinité »

Cette reconstruction est aujourd’hui mise en danger par votre administration, monsieur le Président. Samira doit en effet être expulsée de France avec son père ce mardi 12 novembre à 10h10. Au nom de la procédure dite de Dublin, une procédure dont vous connaissez parfaitement l’inefficacité comme l’injustice, mais qui laisse chaque État souverain dans la décision d’expulser ou non les individus qui lui sont soumis.

Or, pour l’instant, rien n’y a fait: malgré la mobilisation massive des citoyennes et citoyens français pour que Samira reste parmi nous, malgré les 150.000 signatures de la pétition en ligne, malgré le soutien de nombreuses personnalités, de maires, d’élus, malgré un rendez-vous à la Préfecture au cours duquel on a feint de nous écouter et même de nous entendre, la décision est tombée comme un couperet: Samira doit monter dans un avion mardi matin. Ou basculer dans la clandestinité.

Votre administration s’apprête donc à l’arracher à son école pour la projeter à nouveau sur le chemin de l’errance. Mais vous pouvez empêcher cela à tout moment, vous pouvez permettre à Samira de grandir ici, d’apprendre ici, de vivre ici. Dans ce pays qu’elle aime déjà tant. Dans notre pays.

« Notre France s’honore à accueillir les jeunes filles ballottées par l’existence comme Samira »

Monsieur le Président, notre France n’expulse pas une fillette de 10 ans au milieu de l’année scolaire, notre France respecte la convention internationale sur les droits de l’enfant, notre France s’enorgueillit de ces trois mots – liberté, égalité, fraternité – qui trônent sur les frontons de ses mairies et se rappelle avoir un jour proclamé que tous les hommes naissaient libres et égaux en droits. Notre France, pour résumer, s’honore à accueillir les jeunes filles ballottées par l’existence comme Samira.

Certains cas individuels deviennent des symboles et définissent ce que nous sommes et ce que nous voulons être, collectivement. Il vous reste deux jours pour décider d’aider ou non cet enfant. Deux jours pour montrer que notre France reste fidèle à elle-même.

Dans l’espoir d’une décision juste, nous vous prions, monsieur le Président, d’accepter nos sentiments les plus humanistes et les plus solidaires.

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