Déclarations et vote sur le harcèlement sexuel au Parlement européen

Les eurodéputés ont largement adopté une résolution relative à la lutte contre le harcèlement sexuel au sein de l’Union européenne. Un vote qui intervient alors que la salutaire libération de la parole des victimes s’étend progressivement à tous les secteurs, monde politique inclus.

 

« Il aura donc fallu la parole de femmes victimes de violences sexuelles relayée par les réseaux sociaux et médias pour que le monde politique s’indigne. Un monde essentiellement fait par et pour les hommes », déclare Karima DELLI, eurodéputée écologiste. Dans une résolution adoptée ce jeudi 26 octobre 2017, le Parlement européen réclame enfin un plan d’action pour une tolérance zéro vis-à-vis des violences sexuelles au sein de nos institutions ainsi qu’une formation obligatoire tant du personnel que des députés. La mise en place d’une task force d’experts indépendants évaluant et permettant d’améliorer la situation au sein du Parlement ou encore l’accompagnement des victimes constituent des progrès. Tout comme la reconnaissance du harcèlement sexuel en tant que violence à l’égard des femmes et des filles donc en tant que discrimination fondée sur le sexe et une violation des droits fondamentaux.

L’éducation et la sensibilisation ont un rôle majeur à jouer. Mais la proposition d’une directive sur la violence contre les femmes et la demande d’activation de la clause passerelle par les États afin que la violence contre les femmes relève du domaine pénal au titre de l’article 83.1 du Traité sur le fonctionnement de l’UE sont sans aucun doute des moyens de rendre cette lutte crédible et de donner confiance aux femmes. L’impunité et l’omerta constituent en effet des freins réels pour les victimes. Les États membres n’ayant toujours pas ratifié la Convention d’Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, qui les contraint d’instaurer également des sanctions pénales, sont donc invités à le faire rapidement.

Ci-dessous, l’intervention de Karima DELLI lors du débat sur le sujet en plénière.

Dans le cadre plus spécifique des prises de parole de femmes témoins et/ou victimes de harcèlement sexuel au Parlement européen, les élu-e-s Europe Écologie déclarent : « De tels comportements ne sont pas tolérables et doivent être sanctionnés. Le harcèlement sexuel sur le lieu de travail révèle de terribles abus de pouvoir et nous soutenons pleinement les femmes qui ont pris la décision courageuse de faire connaître ces faits au public. Tous les cas de harcèlement sexuel doivent faire l’objet d’une enquête, quels que soient les acteurs concernés. 

Nous incitons les femmes qui ont été affectées à contacter le Comité anti-harcèlement du Parlement européen afin que des mesures puissent être prises pour en finir avec le harcèlement sexuel dans notre institution. Nous soutenons plus généralement la mise en place de dispositifs d’écoute, d’accompagnement et d’orientation pour les personnes victimes de harcèlement et de violences dans les milieux professionnels notamment au sein des partis et des institutions publiques. »

Le texte de la résolution : http://bit.ly/2BfPeO3

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