Glyphosate : un an de combat pour faire la transparence

15 mars 2017
Alors que nous nous battons depuis plus d’un an pour obtenir la publication des 75 études tenues secrètes utilisées par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) pour déclarer le glyphosate « probablement pas cancérogène », voilà que l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) se sert désormais de ces mêmes études contestées pour rendre son propres avis sur cette substance.
 
En mars 2016, les écologistes européens ont demandé à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) de publier les 75 études tenues secrètes et sur lesquelles elle s’était fondée pour estimer que le glyphosate n’était probablement pas cancérogène.

Malgré notre pression, cette autorité européenne n’a accepté qu’un accès partiel aux études ce mardi 15 mars 2017, études sur lesquelles l’ Agence européenne des produits chimiques (ECHA) s’est aussi basée pour rendre le même avis que l’EFSA ce mercredi.

Pour Michèle Rivasi, il n’est pas acceptable que « l’EFSA ne nous transmette que des bribes des études. Nous allons donc considérer la possibilité de saisir la Cour de Justice de l’UE. »

En rendant un avis sur le glyphosate en se basant sur ces mêmes études non-publiées, les deux agences européennes n’apportent pas de contribution utile aux débats actuels, au contraire de nombreux doutes planent quant à leur indépendance par rapport aux industries chimiques.

Pour José Bové, « les règles internes, tant à l’EFSA qu’à l’ECHA, échouent à garantir l’absence de conflits d’intérêts de leurs experts avec l’industrie, et en particulier avec Monsanto ». La Commission européenne doit donc œuvrer pour la mise en place d’une équipe d’experts indépendants, financés par de l’argent public, dont les travaux suivront un protocole d’évaluation transparent et approuvé par la communauté scientifique internationale.

En attendant les résultats de cette étude toxicologique, les écologistes européennes demandent à ce que la Commission européenne mette en place un moratoire immédiat sur le glyphosate, en application du principe de précaution. « Ce n’est pas pour rien que ce principe est inscrit dans les traités européens ! » s’exclame José Bové qui appelle également les Européens à soutenir l’Initiative citoyenne européenne « Stop glyphosate ».

Aller plus loin :

– Tous nos échanges avec l’EFSA depuis un an: https://www.asktheeu.org/en/request/is_glyphosate_safe_we_have_the_r

– Nos 7 raisons d’interdire le glyphosate en Europe: http://europeecologie.eu/7-raisons-d-interdire-le-glyphosate?lang=fr

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