UE-Pérou et Colombie : l’UE privilégie les intérêts des multinationales

11 décembre 2012
Mardi 11 décembre 2012, au lendemain de la journée internationale des droits de l’Homme, le Parlement européen a voté en faveur de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et la Colombie et le Pérou.
Pour Catherine Grèze, députée européenne, coordinatrice de la commission du Développement et rapporteure fictive de l’avis de cette dernière :

« Le Parlement européen vient d’envoyer un signal très négatif en votant en faveur de l’accord. En Colombie, 90% des crimes contre les défenseurs des droits de l’Homme sont impunis tandis qu’au Pérou, on estime à plus de 250 les conflits environnementaux, le plus souvent liés à l’extraction minière.

Malgré ces situations critiques et l’opposition de l’ensemble de la société civile et des syndicats, le Parlement européen vient de voter en faveur d’un accord qui ne se soucie ni des droits de l’Homme ni des droits du travail et encore moins de l’environnement. Cet accord ne fera qu’accroitre la course aux matières premières, dont les conséquences sont catastrophiques pour les populations locales et leur lieu de vie »

Pour Yannick Jadot, député européen, membre de la commission du commerce international :

{« Ces accords de libre-échange s’inscrivent dans la même logique de libéralisation commerciale qui ne tire pas les leçons de la crise profonde que nous traversons. Le commerce mondial a aujourd’hui besoin de plus de régulation que moins. Les pays, notamment au Sud, ont besoin de plus d’intégration régionale que de concurrence entre eux. Ces accords comportent aussi de nombreuses failles que ce soit sur la protection de l’environnement ou celle des droits humains.

Cependant, le Parlement européen a réussi à peser sur la Colombie et le Pérou durant les débats et c’est un premier pas encourageant. En effet, avant de donner son accord, le Parlement européen avait exigé de la part de la Colombie et du Pérou, de lui soumettre des feuilles de route détaillant leurs solutions pour remédier aux violations des droits de l’homme récurrentes dans leur pays. Certes, la feuille de route n’est pas un instrument contraignant. Certes, celles produites par la Colombie et le Pérou étaient incomplètes. Certes, beaucoup de problèmes ont été laissés de côté. Cependant, malgré toutes ces imperfections, le Parlement européen a réussi à imposer cette obligation de produire un tel document à des pays qui n’en voulaient pas. C’est peut-être là un premier pas vers une re-politisation du débat commercial au sein du Parlement. »

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