Aides d’Etat à l’énergie : la Commission favorise les plus gros pollueurs au détriment de la transition énergétique

La Commission européenne a présenté aujourd’hui les nouvelles lignes directrices concernant les aides d’État à la protection de l’environnement et de l’énergie. Les écologistes craignaient que ces propositions fassent la part belle aux industries les plus consommatrices d’énergie, au détriment des énergies renouvelables et des factures des consommateurs. Ce n’est désormais plus une crainte mais une réalité. Explications et réaction de Sandrine Bélier, Yannick Jadot et Michèle Rivasi, eurodéputé-e-s EELV.
« L’Europe aujourd’hui fait face à une double menace: climatique, comme le confirme le GIEC dans son dernier rapport, et énergétique, avec une dépendance qui ne cesse de s’accroître. Face à ces deux constats, nous n’avons pas d’autre choix que de privilégier les énergies renouvelables et les économies d’énergie.

Au lieu de cela, la Commission européenne semble penser, selon l’expression consacrée, que les énergies renouvelables, « ça commence à bien faire ! ». Obéissant à son dogme néo-libéral de la concurrence à tout prix, elle a décidé que les énergies renouvelables devenaient trop importantes pour continuer à bénéficier de tarifs d’achat avantageux.

Or, les tarifs d’achat des énergies renouvelables sont pourtant la meilleure garantie de leur développement, en favorisant la prévisibilité et la sécurité des investissements pour les propriétaires des installations. Les nouvelles infrastructures de production d’énergie renouvelables – en fonction de leur puissance – devront désormais passer par des appels d’offres, ce qui favorisera les grosses entreprises et empêchera le développement des coopératives et du financement citoyen de la transition énergétique.

Le soutien massif au nucléaire et aux énergies fossile, lui, pourra se poursuivre sans apparemment enfreindre aux règles de la concurrence !

Tout aussi grave, la Commission européenne va permettre aux États, sous couvert de compétitivité, de largement exonérer les industries les plus polluantes de contribution au financement des énergies renouvelables alors que celles-ci feront à terme baisser le coût de l’électricité en Europe.

Cette décision est inadmissible car plutôt que d’inciter les plus gros consommateurs à réduire leurs coûts par l’efficacité énergétique, on préfère les exempter et faire payer le gros de la facture aux citoyens et aux petites entreprises !

Encore une fois, les écologistes constatent et dénoncent que le principe du pollué-payeur prévaut sur celui du pollueur-payeur.

Ségolène Royal, nouvelle ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, doit absolument changer le cap de la politique française à Bruxelles, à l’opposé des discours tenus sur la transition énergétique sur la scène nationale. Il n’y aura de transition en France sans un cadre européen incitatif. »

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*