La biodiversité en 2010

15 janvier 2010
Paris, le 15 janvier 2010

Mardi 19 janvier 2010, la Commission européenne devrait publier un «option
paper» sur la biodiversité. Rendu public à peine quelques jours après le
lancement par Angela Merkel de « l’Année Internationale de la
Biodiversité », ce document a pour finalité de préparer le positionnement
et les objectifs des 27 en vue du Conseil européen des 25 et 26 mars
prochains.

Pour Sandrine Bélier, eurodéputée Europe Ecologie – membre de la commission
parlementaire Environnement et shadow-rapporteur sur « L’évaluation de la
stratégie européenne pour la biodiversité »: «Tout le monde s’accorde à
dire que la stratégie européenne pour stopper la perte de biodiversité
d’ici 2010 est un fiasco. Les différentes alertes des services
écosystémiques, notamment en matière d’approvisionnement et de régulation,
ne sont toujours pas prises au sérieux! Nous ne pouvons pas continuer
ainsi », insiste-t-elle. « 2010 devra marquer une impulsion nouvelle. La
présidence espagnole et le nouveau Commissaire pressenti Janez Potocnik,
qui ont inscrit la lutte contre la perte de la biodiversité comme
priorité de leurs agendas politiques, semblent indiquer la voie. A la
Commission et au Conseil, désormais, d’acter d’une stratégie forte,
ambitieuse et transversale. Or, selon les premiers éléments qui ont filtré
du rapport, il n’est pas interdit de craindre un positionnement mou. Si
l’«option paper» devait confirmer ces inquiétudes, la Commission ne ferait
que démontrer qu’elle n’a pas pris la mesure et tiré les leçons de l’échec
du sommet de Copenhague.».

Depuis les années 1950, l’Europe a en effet perdu plus de la moitié de ses
zones humides. De nombreux écosystèmes marins de l’UE sont dégradés. Pour
ce qui est des espèces, 42% des mammifères indigènes, 43% des oiseaux, 45%
des papillons, 30% des amphibiens, 45% des reptiles et 52% des poissons
d’eau douce sont menacés d’extinction. Une espèce d’oiseaux sur quatre est
menacée en France, une sur cinq pour les reptiles et les amphibiens et une
sur dix chez les mammifères. Et ce phénomène ne fait que s’accentuer
depuis ces dernières années.

Et Jean-Paul Besset (eurodéputé EE – membre commission parlementaire
pêche) de préciser : «Ces pertes ont des incidences directes sur notre
quotidien et impliquent la survie de milliards de personnes dans les pays
du Sud qui ont un besoin direct des services de la nature. En effet, par
exemple, les protéines animales proviennent des produits de la mer pour
40% de la population mondiale. L’effondrement des stocks de poisson et de
la diversité marine constitue donc une menace vitale pour l’humanité. »

Et les deux eurodéputés Europe Ecologie de conclure: «Il est inconcevable
que la Commission et les Etats puissent revoir les ambitions européennes à
la baisse. Au regard de l’urgence et des enjeux humains, économiques et
environnementaux, le Conseil européen de printemps devra choisir l’option
la plus ambitieuse possible afin de défendre une position communautaire
forte en vue de la Conférence internationale sur la Biodiversité (COP)
d’octobre prochain au Japon. L’Union, qui se veut moteur sur les questions
environnementales, ne peut se permettre un Copenhague-bis».

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