Calais : Pour sortir de l’impasse, il faudra encore plus de solidarité européenne

1 septembre 2015
Réaction de Karima Delli suite aux annonces faites par Manuel Valls en déplacement à Calais le 31 août 2015:

« Ce Lundi c’est la huitième visite d’un ministre de l’Intérieur à Calais, douze ans après la fermeture du centre de Sangatte et les accords franco-britanniques du Touquet, censés « régler le problème ». ?Douze ans plus tard, rien n’est réglé et que mois après mois on improvise de nouvelles « solutions ».

Partout en Europe, on le voit, la question des exilés et des réfugiés se heurte à l’incapacité des Etats, repliés dans leurs égoïsmes nationaux et leur approche court-termiste, à faire face à l’afflux de migrants. Aujourd’hui, la logique de l’Europe forteresse et des arrangements bilatéraux est un échec criant et seule une politique cohérente à l’échelle des 508 millions d’habitants de l’Union Européenne pourra nous sortir de l’impasse.

5 millions d’euros supplémentaires, un campement de 1500 personnes … les annonces de la commission européenne arrivent hélas avec déjà trop de retard, pour gérer
?tant bien que mal ?une crise qui s’aggrave de jour en jour, et pas pour la résoudre.

Il est à craindre que dépenser de l’argent pour étendre encore un petit peu plus les campements et pour éloigner les réfugiés en espérant très fort qu’il ne reviennent pas ne soit pas plus efficace que de multiplier partout les grillages et les barbelés. Notre responsabilité de politiques, c’est d’avoir le courage de créer des ponts entre les peuples et pas des murs !

J’appelle le premier ministre à refuser désormais les tête à tête sécuritaires avec l’Angleterre, car les réponses au coup par coup, sans anticipation, dans l’urgence et isolées ne sont pas à la hauteur des défis qui nous attendent, comme celui des réfugiés climatiques. La France vaut bien mieux que ces tentatives pour éviter les choix politiques indispensables.

Saisissons nous plutôt de la proposition de Jean-Claude Juncker pour imaginer ensemble un nouveau système européen du droit d’asile, basé sur l’ouverture dans chaque pays d’un réseau de centres d’accueil des nouveaux arrivant, de projets locaux d’hébergement et surtout du développement d’une culture et d’une économie de l’hospitalité.

A rebours de la xénophobie et de la haine attisée par les populistes, c’est l’Allemagne de Madame Merkel qui montre l’exemple ces jours-ci, et se montre digne de l’Europe solidaire que les écologistes appellent de leurs vœux.

C’est par la multiplication des actes concrets de solidarité que le projet européen, si malmené de nos jours, retrouvera tous son sens. »

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