Calais : il est de notre devoir de ne pas « trier » la misère

16 janvier 2018

Alors qu’Emmanuel Macron est attendu à Calais, Karima DELLI rappelle le fossé existant aujourd’hui entre les belles intentions humanistes du Président et la réalité terriblement répressive de la politique menée sur place qui ne fait qu’exacerber les tensions.

La situation à Calais n’est pas nouvelle. Cela fait des années que ce territoire est le triste reflet des échecs de la politique migratoire européenne entre égoïsmes nationaux et l’illusion d’une « Europe forteresse ».

Malgré les alertes des associations dénonçant l’urgence humanitaire, le gouvernement persiste dans une logique sécuritaire portée par Gérard Collomb, en total décalage avec les déclarations du Président Macron qui appelle à « la plus grande humanité » ou « à notre devoir commun européen ».

Alors que le projet de loi asile et immigration prend le même chemin, ce grand écart n’est plus possible ! En refusant de se donner les moyens d’accueillir dignement les migrants de Calais, comme cela a pu se faire par exemple à Grande-Synthe, la France a laissé s’installer un foyer de misère insoutenable. A Calais, quand les autorités publiques refusent la distribution de produits alimentaires aux plus démunis, que la police est accusée de violences envers les migrants, que le matériel des associations est détruit et que la notion de « droits de l’homme » semble avoir disparu, la France perd de sa grandeur !

Même s’il n’existe pas de solution miracle, la première des nécessités est donc de rétablir le dialogue avec les associations largement détériorées par l’attitude du Ministre de l’Intérieur. Épuisées par la prise en charge quotidienne des migrants, elles doivent aujourd’hui être soutenues par l’État et associées aux décisions qui seront prises dans le cadre des débats sur la loi immigration.

De même, la volonté de mettre la pression à la Grande Bretagne est certes louable, mais il faut aller au bout de la logique et renégocier les accords du Touquet. Les mineurs isolés doivent notamment pouvoir bénéficier du regroupement familial tandis que les financements devraient être dévolus à un accueil digne plutôt qu’à des barbelés !

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