Congrès ACP aux îles Canaries

6 avril 2010
L’Union Européenne a conclu un partenariat structurel avec de nombreux pays parmi les plus pauvres de la planète situés dans l’Afrique subsaharienne, les Caraïbes et le Pacifique, dits les « pays ACP » pour Afrique-Caraïbes-Pacifique. La convention de Cotonou, récemment révisée, encadre ce partenariat, et les parlementaires de tous ces pays, et autant de députés européens, tiennent deux fois par an une « assemblée parlementaire paritaire », une fois dans un pays ACP, l’autre fois en Europe.
La première session 2010 s’est tenue aux Iles Canaries, une des Régions Ultra-Périphériques d’Europe dépendant de l’Espagne. Ces « RUP » sont présentes dans trois zones : dans l’océan Atlantique, au large de l’ouest de l’Afrique (Canaries, ainsi que les Açores et Madère qui sont portugaises), les autres sont françaises, dans l’océan indien (île de la Réunion), dans les Caraïbes (Martinique, Guadeloupe), ainsi qu’en Amazonie (Guyane).
Un des points à l’ordre du jour de la réunion de Tenerife portait sur le rôle spécifique des Régions Ultra-Périphériques dans la collaboration entre l’Union Européenne et les pays ACP. François Alfonsi y a présenté la position du groupe Vert-ALE.

« Notre Assemblée réunie à Tenerife est un lieu tout indiqué pour réfléchir à la place et au rôle des RUP, tant vis à vis de l’Union Européenne que vis à vis de leurs voisins dans les parties du monde où elles sont situées. En effet, pour les RUP, il y a deux options :
? ou bien être simplement des régions européennes éloignées géographiquement du reste de l’Europe ;
? ou bien être des régions qui, tout en étant développées économiquement, sont parfaitement intégrées dans les parties du monde où elles sont insérées.
En prenant cette deuxième option, l’Union Européenne ferait un choix politique plein d’avenir. Car si on veut que les politiques de coopération deviennent plus efficaces, il faut plus d’implication concrète, et plus d’implication locale. Et, grâce à leur proximité des pays ACP, les Régions Ultra-Périphériques sont toutes indiquées pour mener des coopérations locales concrètes au nom de l’Union Européenne toute entière.
En effet, cette proximité géographique alliée à un haut degré de développement les rend tout à fait opérationnelles pour accueillir des formations, pour mener des missions de coopération, pour en assurer un suivi rapproché et efficace, pour fédérer sur une même zone les différentes initiatives, pour mutualiser les expériences et pour optimiser les moyens.
Pour cela, il faudrait faire une priorité de développer de nouveaux moyens de transport directs entre les RUP et les pays ACP du voisinage, et de créer des coopérations renforcées entre ces régions et les pays ACP dans un même secteur, au plan économique, pour les questions de santé publique, pour la formation et les coopérations universitaires, pour la protection de la biodiversité, etc…
Les RUP doivent selon nous se voir confier un rôle beaucoup plus important dans les politiques de coopération développées par l’Union Européenne dans les parties du monde où elles sont situées. »

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