L’UE ignore les besoins de protection et d’accueil des populations en provenance d’Afrique du Nord

11 avril 2011
Suite aux conclusions du Conseil des Ministres de l’Intérieur de l’Union européenne, réunis ce lundi 11 avril à Luxembourg, Hélène Flautre, députée européenne du Groupe Verts-ALE, membre de la Commission des Libertés Civiles, a estimé que :
COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Bruxelles, le 11 avril 2011

 » C’est avec intérêt que j’accueille la proposition de certains Etats membres d’accueillir des contingents de réfugiés: il était temps! Mais nous sommes malgré tout encore loin du compte : le HCR a enregistré en Lybie plus de 8.000 réfugiés et 3.000 demandeurs d’asile… autant de personnes en besoin de protection, ce qui exige de l’Union un plan d’accueil ambitieux. Il serait irresponsable de la part de l’Union de se défausser sur les pays voisins de la Libye – notamment par la sous-traitance via un programme de protection régional et ainsi de ne pas répondre à ses obligations internationales et européennes. Puisque les opérations militaires en Libye ont été principalement motivées par le devoir de protection des populations civiles sur le territoire libyen, il est impératif que les Etats membres en assument le corollaire, à savoir l’accueil de ceux qui en fuient.

Il est une fois de plus regrettable que les Etats membres n’aient comme seule réponse commune le renforcement des activités de l’agence Frontex. Comment demander à l’agence d’entreprendre la négociation d’un accord avec les autorités égyptiennes, libyennes ou bien même tunisiennes au moment même où celles-ci conduisent leur transition démocratique? Comment suggérer le déploiement d’une nouvelle opération à Malte alors que l’Agence n’est aucunement compétente pour identifier les demandeurs d’asile ?

Le jeu de ping-pong entre certains Etats membres est non seulement inacceptable au regard de la situation très préoccupante des migrants mais les menaces de réintroduction des contrôles aux frontières constituent également un revers aux ambitions du projet européen et de la solidarité qui lui est liée. A l’inverse, l’octroi de titres de séjour et de travail temporaires et l’application rigoureuse du droit au regroupement familial, notamment aux Tunisiens, serait un signal fort de solidarité envers ces populations qui aspirent à la liberté. »

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