Migration: A défaut de solidarité, les Etats-membres optent pour l’inefficacité et le cynisme

26 juin 2015
L’intégralité de la réaction de notre porte-parole sur les questions de migrations, à l’issue du Conseil européen des 25 et 26 juin.Eva JOLY critique la décision des Etats européens de renforcer l’externalisation de la gestion des frontières européennes toujours plus au Sud vers des pays toujours moins respectueux des droits humains, en souhaitant d’autre part renforcer les pouvoirs de Frontex dans le cadre des retours forcés des migrants qui n’auront pas la possibilité de bénéficier du statut de réfugié.
« Au cours de ce Conseil, les États-Membres ne se sont malheureusement pas contentés de manquer de courage, ce qui est déjà franchement critiquable. Ils ont aussi pris des décisions dangereuses qui militarisent encore un peu plus la gestion des flux migratoires, qui montrent qu’ils n’ont décidément rien compris aux causes profondes de la migration.

Manque de courage d’abord, en étant incapables de se mettre d’accord sur la répartition de 60.000 demandeurs d’asile. C’était pourtant pour eux l’occasion d’enfin faire preuve d’une réelle solidarité européenne. Mais la logique du chacun pour soi l’a une fois de plus emportée.

Des décisions dangereuses et inefficaces ensuite, en renforçant d’une part l’externalisation de la gestion des frontières de l’UE toujours plus au Sud vers des pays toujours moins respectueux des droits humains, en souhaitant d’autre part renforcer les pouvoirs de Frontex dans le cadre des retours forcés des migrants qui n’auront pas la possibilité de bénéficier du statut de réfugié. Depuis sa création, les écologistes sont très critiques vis-à-vis de l’agence européenne de contrôle des frontières extérieures dans sa mise en œuvre notamment d’opérations plus ou moins respectueuses du droit international, de l’interdiction du refoulement des migrants par exemple. Cette extension de pouvoirs est donc très préoccupante.

Des décisions qui ignorent la réalité de la migration enfin. Nul ne quitte son pays de gaité de cœur. La décision de migrer est difficile et ne se fait jamais à la légère. On quitte un pays parce que c’est la guerre, parce qu’on y est persécuté, qu’on y craint pour sa vie, parce que ne peut y nourrir sa famille. Pour éviter à ces hommes et ces femmes de prendre des risques terribles, nous devons investir plus et mieux dans les politiques de développement. Or, les États-membres souhaitent dévier les fonds alloués aux politiques de développement au contrôle des frontières et à la lutte contre les trafiquants, en faisant même une condition des accords de développement. Ce n’est pas en pillant les fonds de la politique d’aide au développement qu’ils empêcheront les migrations. Tout au contraire.« 

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