Dieselgate : les gouvernements européens encouragent les industriels à violer la loi et à polluer

28 octobre 2015
Les gouvernements européens ont aujourd’hui adopté une nouvelle procédure de tests pour les émissions polluantes des voitures à travers la procédure de ce qu’on appelle « comitologie ». Les réactions de Yannick Jadot, porte-parole du groupe Verts-ALE sur le Climat et la COP21, et de Karima Delli, membre de la Commission Transports
Pour Yannick Jadot:

« La décision prise aujourd’hui par les gouvernements européens, sous la pression de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, est scandaleuse et d’un cynisme sans nom. Non seulement ils ont décidé de faire fi du scandale Volkswagen, mais en plus ils ont décidé d’ignorer les problèmes de santé publique liés à la pollution de l’air et les centaines de milliers de morts prématurés causés par le diesel en Europe. Les nouveaux tests, « en conditions réelles » qu’ils viennent d’adopter ne sont que de la poudre aux yeux. Il s’agit tout bonnement d’une autorisation à violer la loi donnée aux industries automobiles qui n’ont – et n’auront pas à se plier aux règles européennes en matière d’émissions polluantes décidées en 2007.

Sous couvert du « facteur de conformité », les industriels automobiles seront autorisés à mettre sur le marché des voitures qui dépassent les limites en vigueur de 110% dans un premier temps (jusqu’en 2019), puis de 50% sans date limite. Nous savons aujourd’hui qu’il n’existe aucune barrière technologique pour se conformer aux limites européennes, puisque certains constructeurs automobiles se sont déjà conformés aux normes européennes, sans parler des normes américaines deux fois plus contraignantes! Ce nouveau cycle de tests récompense les constructeurs dont les pratiques sont des plus sales, qui n’ont aucune intention d’en changer, et qui représentent un blocage majeur dans l’amélioration de la qualité de notre air, ignorant les problèmes de santé publique liés à la pollution de l’air.

Madame Ségolène Royal s’est alliée avec ses collègues allemand et britannique pour arracher cet incroyable cadeau à des constructeurs qui n’ont cessé de tromper les citoyens et les consommateurs. Celle qui prétendait prendre des mesures radicales contre la pollution de l’air a une nouvelle fois cédé face à des lobbies coupables. »

Pour Karima Delli:

« On croit rêver ! Depuis les révélations du scandale Volkswagen, nous nous débattons pour imposer des tests enfin fiables qui mettent un frein à la tricherie des constructeurs automobiles sur les tests anti-pollution. Pendant ce temps-là, les Etats-membres complotent dans le dos des citoyens pour autoriser les dépassements des plafonds autorisés. Ils arrangent soigneusement la législation européenne pour protéger le lobby de l’automobile dans un déni démocratique total et intolérable. Pour rappel, hier même, le Parlement européen rappelait la nécessité de rendre cette procédure de comitologie plus transparente … On voit aujourd’hui à quel point il y a urgence.

Les méfaits du diesel sur la santé des citoyen-nes sont aujourd’hui une réalité que nul ne peut plus nier. Le scandale Volkswagen nous impose aujourd’hui la plus grande fermeté face aux dangers posés par les moteurs diesel et la pollution engendrée par le transport routier. A un mois de la COP21, la France et sa ministre Ségolène Royal se dédisent par avance en faisant prévaloir les intérêts des lobbies automobiles sur la santé des citoyens. C’est un cynisme absolu, et un nouveau scandale démocratique. »

Communiqué d’EELV appelant à un rassemblement jeudi 29 octobre :
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