ETA dépose les armes : Madrid et Paris doivent entamer le dialogue avec le mouvement basque

27 octobre 2011
Après plus de quarante ans de lutte pour l’indépendance du Pays basque, l’organisation ETA a annoncé la fin définitive de la lutte armée le jeudi 20 octobre. En marge de la session plénière du Parlement, Catherine Grèze et François Alfonsi, eurodéputés Europe Ecologie – Les Verts, ont appelé les gouvernements français et espagnol à soutenir l’expression démocratique du mouvement basque et à œuvrer pour la levée du mandat d’arrêt qui pèse encore sur la militante Aurore Martin.
Mercredi 26 octobre, le « Friendship Basque » qui réunit des eurodéputés de plusieurs groupes politiques autour d’un objectif de paix au Pays basque a salué à Strasbourg la décision historique de l’ETA « sur la cessation définitive de ses activités armées ». Cette déclaration historique intervient une semaine après la Conférence de San Sebastian où des personnalités éminentes comme Kofi Annan ont participé à la définition des étapes nécessaires pour mettre fin au conflit. Malheureusement, ce rendez-vous international a eu lieu sans les gouvernements français et espagnol, qui sont pourtant au cœur du processus de paix.

Il faut désormais inviter Madrid et Paris à reconnaître le tournant déterminant pris par l’organisation basque et à engager le dialogue sur les conséquences du conflit. « Le chemin est encore long, estime Catherine Grèze. C’est au tour des Etats français et espagnols de prendre leurs responsabilités. La reconnaissance de la nouvelle coalition pour les élections législatives « Amaiur » et la levée du mandat d’arrêt européen pesant sur Aurore Martin pour ses activités de militante politique sont des préalables incontournables ! Pour parvenir à un Pays basque en paix, nous devons garantir la liberté d’expression politique du mouvement basque. »

Pour le Corse François Alfonsi, également responsable du Partitu di a Nazione Corsa, le Parlement européen, qui symbolise l’union des peuples européens, doit également prendre en compte l’annonce d’ETA et s’engager à son tour : « Un médiateur pourrait rejoindre les personnalités engagées à la conférence de San Sebastian, afin d’encourager et faciliter un dialogue entre les Basques, l’Espagne et la France… ». C’était déjà le message d’une résolution du Parlement européen adoptée en 2006 et invitant l’Union européenne à s’investir dans la résolution du conflit basque. « Ce texte est plus que jamais d’actualité », conclut l’eurodéputé.

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