Gaza: l’UE doit faire des propositions concrètes pour la levée du blocus

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Strasbourg, le 16 juin 2010

Débat sur la résolution du parlement Européen sur GAZA

Avant le vote d’une résolution le 17 juin au Parlement européen un débat a eu lieu en séance ce 16 juin.

S’exprimant sur la situation à Gaza à la suite de l’opération militaire israélienne contre la flottille humanitaire et le blocus de Gaza et en présence de Mme Catherine Ashton, Haute Représentante de l’UE aux Affaires étrangères et la politique de sécurité commune, Daniel Cohn-Bendit, coprésident du Groupe des Verts/ALE considère que:
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« Il faut trouver les moyens de faire sauter le blocus, y compris mental qui existe chez nous, chez les Israéliens et chez les Palestiniens. Il faut ouvrir toutes les entrées: l’UE peut et doit demander le contrôle de ces entrées avec l’armée turque par exemple. Ironie de ma part: l’armée turque pourrait, avec des soldats allemands, contrôler, ensemble l’entrée de Gaza afin d’assurer le passage des denrées alimentaires ainsi que du matériel de construction et empêcher l’entrée des armes. Soyons au service de l’ouverture du blocus et donnons-nous les instruments pour l’ouvrir.

On dit que nombreux sont les Européens qui ont mauvaise conscience, plus particulièrement les Allemands, vis-à-vis d’Israël. Mais une mauvaise conscience ne fait pas une bonne politique. Si l’on veut avoir bonne conscience, il faut dire aux Israéliens que ce qui est en train de se produire dépasse largement les limites de ce qui est acceptable. Les amis d’Israël sont ceux qui développent leur sens critique vis-à-vis d’Israël et comme le dit l’écrivain israélien David Grossman, ce qui se passe va à l’encontre des principes fondateurs de l’Etat israélien. Ceux qui agissent à la tête de l’Etat israélien détruisent le rêve sioniste de la création de cet Etat. La stabilité dans cette région ne sera possible que si nous, Européens, sommes prêts à jouer un rôle de médiateur ».

Hélène Flautre, Présidente de la délégation Mixte UE-Turquie du Parlement européen a souligné le fait que:

« Les 9 victimes de l’attaque israélienne contre la flottille pour Gaza ne sont pas des victimes collatérales. Elles ont été criblées de dizaines de balles, dans le dos, la nuque et la tête, et majoritairement à bout portant. Il s’agit de civils turcs, ils pourraient être français, dans tous les cas, ils sont européens. Tous les efforts diplomatiques européens doivent être mobilisés pour obtenir la fin de l’impunité et la levée du blocus. Ce n’est pas une affaire turco-israélienne et si M. Erdogan est acclamé dans les rues arabes et musulmanes, ça aurait pu être également Mme Ashton.
La Turquie fait la démonstration au monde arabo-musulman que la politique est plus efficace que la radicalisation extrémiste, le déni d’Israël ou encore le terrorisme. La Turquie réussit à affirmer le droit international, les droits des palestiniens là où l’ensemble de la communauté internationale semble tergiverser: sans sacrifier sa relation privilégiée avec Israël, elle pousse à une solution au conflit et l’UE devrait la soutenir plutôt que d’hypothéquer sa radicalisation et son changement d’axe stratégique ».
Mme Flautre demande à  » l’UE à soutenir la Turquie dans ses démarches pour la paix et à une meilleure coordination de nos politiques étrangères ».

Eva Joly, Présidente de la commission du développement du Parlement européen a pour sa part estimé que: « A l’issue de notre visite à Gaza, c’est unanimement que notre délégation a appelé à une levée immédiate, totale et durable du blocus imposé par Israël.

De cette unanimité face à ce drame humanitaire et politique est née notre résolution commune qui, je l’espère, sera votée à une large majorité. Porter notre message d’une seule et même voix n’est pas seulement nécessaire. C’est vital. Car c’est bien d’unité dont l’Union Européenne a manqué jusqu’à présent. Et c’est bien d’unité dont elle a besoin aujourd’hui pour peser et s’imposer comme un acteur majeur et crédible de la paix. Pour l’Europe, le pire serait qu’au drame de la flottille s’ajoute celui de l’indifférence et de l’inaction faute d’unité.
Un sursaut politique de l’Europe est nécessaire ! Elle n’a plus seulement le droit mais le devoir d’agir, de dialoguer tout autant que de condamner et de sanctionner lorsque la paix est mise en danger par l’un ou l’autre ».

« Notre responsabilité est aujourd’hui immense ! » a souligné Eva Joly en s’adressant à Lady Ashton, Haute-Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères. Nous ne pouvons plus nous contenter de reconstruire inlassablement les bâtiments. Nous devons construire la paix. Et nous devons le faire maintenant. Cela demande du courage et de la fermeté. En aurez-vous? ».

À l’issue du débat, Nicole Kiil-Nielsen, Députée européenne, membre de la délégation Union Européenne-Palestine a déclaré «L’inaction de l’Union européenne et de nos gouvernements face à cette situation dramatique est incomprise de la société civile qui se voit obligée de prendre des initiatives à haut risque par solidarité avec le peuple palestinien. Par ailleurs, l’UE qui dénonce depuis 30 ans l’expansion d’Israël hors des frontières de 1967 n’est pas en mesure d’assurer la traçabilité des produits importés dans le cadre de l’accord UE-Israël. Ceci amène les citoyens européens à s’organiser pour refuser de consommer des produits émanant des colonies. L’UE doit sortir de son impuissance déclaratoire et agir avec les instruments dont elle dispose ! »

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