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L’aide alimentaire : une solution d’urgence mais pas de réponse pérenne à la crise alimentaire

15 février 2012
Des mesures ont été votées au Parlement européen afin de trouver de nouvelles formes de subvention pour le programme européen d’aide alimentaire. Si cette nouvelle réjouit, il faut rester prudent. Pour Karima Delli, « l’incertitude demeure quant à l’avenir de l’aide aux plus démunis après 2014. »
Institué en 1987 dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC), le programme européen d’aide alimentaire (PEAD) a permis de fournir des denrées alimentaires gratuites au profit des citoyens les plus démunis de l’Union. Aujourd’hui le PEAD est handicapé par la baisse des stocks d’intervention de la PAC d’où provenaient, à l’origine, les denrées alimentaires gratuites.

Avec dix-huit millions de personnes qui souffrent de la pauvreté dans 20 États membres de l’Union, les mesures votées ce matin préparent un nouveau régime, sans arrêter brusquement les aides actuelles. Le compromis, qui émane d’une proposition de 2011 des Verts/ALE, octroie près de 500 millions d’euros par an aux européens les plus vulnérables. Ce régime continuera au moins jusqu’en 2013. En attendant, le PEAD doit être réformé sur le long terme, mais il faut surtout réfléchir au problème en amont : comment sortir les gens de la pauvreté alimentaire ?

Pour Karima Delli, membre de la Commission de l’emploi et des Affaires sociales :

« C’est avec soulagement que nous accueillons la nouvelle d’un prolongement du programme pour les deux ans à venir. Les millions de personnes qui dépendent de ce système continueront de trouver auprès des associations l’indispensable soutien dont elles ont besoin, particulièrement dans cette période de crise où les sollicitations sont hélas de plus en plus nombreuses.

Mais l’incertitude demeure quant à l’avenir de l’aide aux plus démunis après 2014. Les Verts au Parlement européen veilleront à ce que le nouveau cadre financier, qui sera mis en place à partir de 2014, pérennise ce programme européen dans le cadre de la politique de cohésion afin de s’assurer que les Etats membres qui en ont besoin continuent à en bénéficier. Ce transfert vers le Fonds Social Européen devra être compensé par un budget suffisant pour ne laisser personne au bord du chemin. »


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Pour sa part, José Bové, Vice-président de la Commission de l’agriculture du Parlement européen, a estimé que:

« Il est indispensable de créer des systèmes de production durable et d’approvisionnement de proximité, tout en veillant à diminuer de façon très significative le gaspillage alimentaire, afin de garantir le droit de chacun à une alimentation saine à un coût abordable.
La tendance actuelle des dirigeants européens à prôner toujours plus d’austérité n’est pas une réponse acceptable. Bien au contraire, ces politiques ne feront qu’aggraver la situation des plus démunis. »


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Crédit photo : 20 Minutes

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