Le Parlement se met d’accord sur des mesures communes pour enrayer la radicalisation

25 novembre 2015
Le Parlement européen a adopté aujourd’hui sa position sur les mesures permettant de s’attaquer au phénomène de radicalisation. La réaction d’Eva JOLY.
 

Pour Eva Joly, membre de la Commission des libertés civiles:

Le Parlement s’est entendu sur une position commune pour enrayer la radicalisation qui constitue un élément central dans la lutte contre le terrorisme. Afin de combattre l’extrémisme radical, le Parlement insiste notamment sur le renforcement des moyens au niveau local et la collaboration avec les communautés particulièrement affectées par ce phénomène. Celle-ci requiert une relation de confiance qui ne peut s’établir aussi longtemps que des individus issus de certaines communautés sont systématiquement considérés comme des suspects. Le rapport souligne donc que l’extrémisme et la violence ne sont pas le propre de religions ou d’idéologies particulières. Les députés rappellent que la menace terroriste ne peut être associée à la crise des réfugiés. Si certains politiciens sans scrupules n’hésitent pas à entretenir la confusion, il est rappelé que les réfugiés fuient précisément une menace de même nature.

Le Parlement précise également dans ce rapport que les attentats terroristes survenus à Paris ont mis en évidence de nombreuses carences. Les services de renseignement tout comme la justice et la police ont non seulement besoin de plus d’effectifs pour fonctionner efficacement mais leur collaboration avec les services des autres pays européens est urgemment requise . Les instruments existent comme, notamment les équipes d’enquête commune au sein d’Europol ou encore Eurojust. Le problème, c’est que les États ne s’en servent pas et que ces instruments n’ont pas de ressources suffisantes. Enfin, les membres du parlement insistent sur l’importance d’intégrer la dimension des droits humains dans la coopération avec les pays tiers.

Nous regrettons néanmoins l’accent mis sur la surveillance de masse dont le PNR qui n’est pas une garantie d’efficacité mais qui, en plus, entraîne des dépenses considérables alors qu’il serait plus pertinent d’allouer ces ressources pour renforcer, en l’occurrence, les forces de police et de sécurité afin qu’elles puissent effectivement surveiller les suspects connus tels que ceux impliqués dans les attentats du 13 novembre à Paris.« 

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