Procès de Martine Landry, ou quand l’État poursuit les citoyens solidaires qui font respecter le droit

Le 14 février 2018 s’est ouvert le procès de Martine Landry. Il est reproché à cette militante d’Amnesty international France d’avoir aidé deux mineurs étrangers. Pour cette seule raison, elle risque jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

Le procès de cette militante expérimentée, maitrisant parfaitement le droit et le respectant, est une nouvelle illustration de la politique menée depuis plusieurs années par les gouvernements français successifs pour tenter d’intimider et de poursuivre les militants associatifs. On essaye par ces pratiques de persécution puis de poursuites judiciaires d’empêcher toute action humanitaire envers des mineurs isolés abandonnés aux frontières ou en pleine montagne, alors que la législation française relative à la protection de l’enfance impose à leur égard une attention toute particulière.

Cette politique visant à empêcher les citoyens français d’aider des mineurs isolés est indigne de notre histoire et de nos valeurs et nous demandons une réforme législative supprimant le délit de solidarité. En l’état de notre législation, la France entretient le délit de non-assistance à personne en danger. Nous ne pouvons laisser, dans des conditions extrêmes, livrés à eux-mêmes des êtres humains qui continuent à risquer leur vie sur le territoire européen dans le simple but d’y trouver refuge.

À l’heure où l’Union Européenne et la France travaillent sur l’évolution de la législation en matière d’asile, la France offre un contre-exemple déplorable en reniant les valeurs et l’État de droit sur lesquels elle s’est construite. Nous appelons les États européens à se saisir pleinement de cette question urgente afin de faire preuve d’humanité, d’unité et de responsabilité pour garantir les droits élémentaires à ceux qui fuient la misère et les conflits. Le directeur général de l’Organisation internationale pour les migrations est catégorique : la crise européenne actuelle n’est pas migratoire, elle est avant tout politique.


L’image en entête de cet article fait partie d’une série de créations réalisées et mises gracieusement à disposition par Olivier Long à l’occasion du procès de Cédric Herrou et disponibles ici. Merci à lui.

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