Agir contre la pauvreté : pour un revenu minimum européen !

Si L’union économique a été développée à grands pas, les écologistes font de l’avènement d’une Europe sociale une priorité. En cette journée mondiale de lutte contre la pauvreté, nous rappelons que des instruments existent. Le Parlement européen s’apprête par exemple à prendre position pour une politique ambitieuse en matière de revenu minimum en Europe.

La pauvreté a des effets dramatiques : elle réduit l’espérance de vie, provoque des dégâts psychologiques, détériore la vie de famille. C’est pourquoi la lutte contre la pauvreté est un combat essentiel pour permettre à l’ensemble des citoyens de vivre dignement, évitant ainsi d’être marginalisés, stigmatisés et finalement exclus de notre société. C’est l’un des principes qui devraient présider à la création d’un pilier social européen, tel qu’entend le faire adopter par les États membres le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

Cette idée est en cohérence avec la stratégie Europe 2020 dont s’est dotée l’UE au début du millénaire. En effet, un de ses principaux objectifs est de réduire le nombre de personnes frappées par la pauvreté et l’exclusion sociale, et ce chiffre a reculé depuis la fin de la crise financière. Pourtant en 2016, 117.5 millions d’Européen-ne-s – soit 23,4% de la population – étaient menacés de pauvreté ou d’exclusion sociale, et nous ne pouvons nous résoudre à accepter ce chiffre comme une fatalité du monde moderne. C’est pour cette raison que nous soutiendrons la semaine prochaine l’adoption par le Parlement européen d’un rapport d’initiative sur les politiques en matière de revenu minimum en tant qu’instrument de lutte contre la pauvreté.

Ce texte stipule noir sur blanc que « la promotion d’une société solidaire et libérée de la pauvreté devra se fonder sur une redistribution des richesses produites, sur la valorisation du travail et des droits y afférents grâce à des négociations collectives et à l’augmentation des salaires ». Alors que certains vantent la flexibilité « à tout prix » des Européenn-e-s pour leur garantir un revenu salarial – comme si avoir un emploi empêchait de tomber sous le seuil de pauvreté ! – nous voulons stopper la mise en concurrence des Européenn-e-s en situation de précarité – qu’ils/elles travaillent ou non, en garantissant à toutes et tous un revenu minimum décent. Un tel revenu existe dans de nombreux pays européens, à commencer par la France où le Revenu Minimum d’Insertion a été mis en place dès 1989, avant de laisser place au Revenu de Solidarité Active (RSA) en 2009.

Nous sommes réalistes : l’absence actuelle de convergence sociale européenne et la forte disparité des revenus ne nous permettent pas pour l’instant de mettre en place un revenu minimum unique à l’échelle de l’Union européenne. Mais si son niveau sera forcément différent d’un pays à l’autre pour tenir compte des écarts de niveau de vie, cette première étape doit malgré tout permettre de définir un plancher, à même d’évoluer par la suite.

Ce revenu minimum devra évidemment être accompagné d’autres droits, tels que la garantie d’un logement, l’accès aux soins de santé, l’éducation et la formation, indispensables pour jouir pleinement de nos droits de citoyens, c’est d’ailleurs ce que rappelle le rapport. Enfin, parce que les symboles sont importants, il conviendra d’inscrire le revenu minimum européen dans le socle européen des droits sociaux.

Nous sommes convaincus que l’UE pourrait et devrait parvenir à terme à mettre en place un revenu minimum dans toute l’Europe, avec une convergence progressive pour que les disparités par pays s’estompent. Si l’on ne fait pas le premier pas dans la bonne direction, l’Europe sociale n’arrivera jamais à destination.

 

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