Des lobbyistes de l’industrie agroalimentaire bientôt au Conseil d’administration de l’EFSA?

7 mai 2014
Les représentants des Etats-membres de l’Union européenne ont pris la décision, aujourd’hui, de nommer des lobbyistes de l’industrie agroalimentaires au Conseil d’Administration de l’EFSA, l’Autorité européenne de sécurité des aliments. La réaction de José Bové, eurodéputé EELV.
Pour José Bové, vice-président de la commission de l’agriculture du Parlement européen:

« Cette décision, qui doit encore être confirmée par le Conseil des Ministres de l’UE, envoie un signal négatif en ce qui concerne l’indépendance de l’Autorité européenne de sécurité des aliments. Celle-ci a déjà été fort critiquée depuis de nombreuses années pour son manque d’indépendance et les conflits d’intérêt tant au sein de son conseil d’administration que de ses panels scientifiques, y compris son panel OGM. L’Autorité a également vu pour la première fois de l’histoire des agences européennes sa décharge budgétaire reportée l’année dernière en raison de ces conflits d’intérêt. L’ombudsman européen a indiqué que celle-ci ne gérait pas les conflits d’intérêt de façon satisfaisante.

Les États-membres ne semblent pas avoir compris la nécessité impérieuse d’éliminer l’influence indue des industriels de l’agroalimentaire et les conflits d’intérêt au sein de l’Autorité supposée nous éclairer sur les risques alimentaires. Deux ans après le départ forcé de Mme Diana Banati, qui est retournée à l’ILSI afin d’y occuper un poste de direction (le plus grand lobby mondial de l’agroalimentaire) dont elle venait précédemment, la leçon n’est toujours pas comprise. Au moment où ces mêmes États-membres discutent de la possibilité d’améliorer l’évaluation des risques des OGM au niveau européen, dont l’Autorité a la charge, la nomination de 3 affidés de l’industrie pour le CA de l’Autorité ne va faire qu’exacerber le manque de confiance dans l’évaluation des OGM.

Il est plus que temps d’en finir avec le poids des lobbies sur les décisions communautaires. J’en appelle aux ministres qui auront le dernier mot à refuser ces accords inacceptables avec l’industrie. Nous avons plus que jamais besoin d’évaluations fiables sur les risques des OGM, pesticides et nano-ingrédients alimentaires. »

– Sur le sujet des lobbies, retrouvez l’ouvrage de José Bové et de Gilles Luneau, Hold-up à Bruxelles, Les lobbies au cœur de l’Europe, La Découverte, Paris (2014)
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