Nicole Kiil-Nielsen : « L’UE doit peser de tout son poids pour obtenir des avancées vers la levée du blocus »

2 décembre 2010
Nicole Kiil-Nielsen a participé à une délégation officielle du Parlement européen qui a eu lieu du 26 novembre au 1er décembre à Gaza et en Cisjordanie. Sur place, elle a pu constater que l’allègement du blocus annoncé par Israël en juillet dernier, à la suite des pressions internationales, reste illusoire.
« Avec l’appui des autorités Égyptiennes, nous avons pu le 26 novembre 2010 entrer à Gaza par le passage de Rafah. Trois jours sur place (26 novembre au 28 novembre) nous ont permis de constater que depuis notre dernière visite, il y a six mois, la situation n’a guère évolué.


par EurodeputesEE

L’allègement du blocus annoncé par Israël en juillet dernier, notamment à la suite des pressions internationales, reste illusoire. Ainsi, si la quantité de marchandises de consommation courante, vendues par Israël à des prix élevés, acheminées par le passage de Kerem Shalom (un des point de passage entre Israël et Gaza) a en effet augmenté, comme nous l’avons constaté sur place, cela ne règle pas la grave crise alimentaire et humaine qui touche les habitants de Gaza. Ainsi l’agence onusienne UNWRA, qui aide au quotidien 1,1 million de personnes réfugiées, sur une population totale de 1,5 million de personnes, ne peut garantir que 75 % des besoins en calories des ayant droits qui attendent leurs rations devant les centres de distribution. Le taux de pauvreté est si élevé que l’ONU distingue, parmi les destinataires de l’aide d’urgence, les victimes de « pauvreté » de celles qui souffrent de « Pauvreté abjecte ».

En entravant de manière très organisée l’importation de matériaux de construction, le blocus de Gaza est criminel : non seulement il paralyse l’économie en empêchant toute réduction du chômage alors que l’ONU a le projet de construire 250 écoles et plus de 600 000 logements, mais il favorise également la spéculation sur ce type de marchandises qui rentre via le système des tunnels construits entre Gaza et l’Egypte. Un chiffre illustre cette spéculation : le sac de ciment acheminé par les tunnels est passé de 15 à 55 dollars US.

D’une manière générale, le blocus de la bande de Gaza est une faute politique. Il empêche tout développement économique et social, punit des centaines de milliers d’enfants tout en favorisant ceux qui contrôlent les tunnels et renforce le pouvoir du Hamas.

L’Union européenne doit peser de tout son poids pour obtenir des avancées vers la levée de ce blocus illégal : autorisation des exportations depuis Gaza, importation de matériaux de construction, accès aux zones de pêche, circulation des personnes hors de Gaza. »

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