Pendant que la Commission discute sur les « bons » migrants, les morts continuent de s’accumuler en mer

4 mars 2015
La Commission européenne a lancé aujourd’hui son agenda européen sur les migrations. Il s’agirait d’améliorer la coopération entre États-membres dans la gestion des flux migratoires en provenance des pays tiers et d’intensifier les efforts de l’Union européenne dans la mise en œuvre des outils existants. Dans le même temps, on apprenait la mort de 10 migrants après que leur bateau ait chaviré mardi au large de la Sicile.

Pour Eva JOLY, eurodéputée Europe Écologie membre de la commission LIBE :

« Alors que le nombre de migrants périssant en Méditerranée ne cesse d’augmenter – près de 4000 personnes rien qu’en 2014 et plus de 22 000 personnes décédées en mer aux portes de l’Europe depuis l’an 2000 – l’UE s’acharne dans sa politique aveugle et criminelle à l’égard de personnes fuyant la guerre et la misère. Les conflits se multiplient sur d’autres rives de la Méditerranée, charriant leurs lots de réfugiés et demandeurs d’asile, et les dirigeants européens eux se contentent de discuter « tranquillement » d’une voie légale sûre pour les migrants dont le CV collerait aux besoins de l’économie européenne. Face à l’urgence humanitaire, ils prévoient une révision de la directive sur la carte bleue européenne ! On ne sait plus à ce stade s’il s’agit de cynisme aveugle ou d’insoutenable légèreté.

L’UE doit garantir une voie légale sure pour les réfugiés et demandeurs d’asile, une voie simplifiée, permettant aux Syriens, aux Libyens et à toutes celles et ceux qui fuient les conflits armés de pouvoir rejoindre l’Europe sans avoir à risquer leur vie en mer. Cette voie doit être inconditionnelle pour tous les demandeurs d’asile, et non faire l’objet d’un tri préalable inapplicable et indéfendable, moralement et juridiquement. C’est à cela que le Commissaire européen aux Migrations et Affaires intérieures Dimitris Avramopoulos doit urgemment s’atteler. Le Parlement européen doit quant à lui rappeler à la Commission et aux États-membres les obligations internationales qui sont les leurs, notamment le respect de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. »

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