Pesticides: des mesures urgentes et concrètes sont indispensables pour la protection des abeilles

31 janvier 2013
La Commission européenne vient de proposer la suspension de trois pesticides ou insecticides néonicotinoïdes (imidaclopride, thiaméthoxame et clothianidine). Réaction de Sandrine Bélier, eurodéputée Europe-Ecologie Les Verts.
« Nous saluons la proposition de la Commission de prendre rapidement des mesures réglementaires devant l’urgence de la situation. Cette annonce tente de répondre à la publication de plusieurs rapports alarmants sur la toxicité pour les abeilles des insecticides néonicotinoïdes, publiés par deux agences européennes début janvier. Les conclusions de l’Agence européenne de sécurité des aliments (AESA) sont sans équivoque: les néonicotinoïdes présentent un risque élevé pour les abeilles, via les poussières produites par les graines ou les granules pendant le semis, la contamination par le pollen et le nectar et, dans le cas du maïs, traité par le thiaméthoxame, l’exposition par « guttation ». Dans son rapport sur le principe de précaution, l’Agence européenne pour l’environnement souligne pour sa part les profondes lacunes des évaluations de risques et des systèmes de surveillance européens et nationaux qui permettent depuis longtemps aux néonicotinoïdes d’affecter gravement les populations de pollinisateurs. »

L’eurodéputée, membre de la Commission Environnement du Parlement européen, ajoute :

« Néanmoins, au lieu d’une suspension partielle sur deux ans des insecticides néonicotinoïdes pour le coton, le tournesol, le maïs et le colza, nous demandons une interdiction totale. Lorsque la France a interdit le Gaucho en 1999, d’autres insecticides néonicotinoïdes ont pu encore être utilisés. Les populations d’abeilles continuant de décliner, la société productrice du Gaucho a tenté d’utiliser cet argument pour remettre en cause l’interdiction d’insecticides néonicotinoïdes. Nous devons éviter ce scénario en 2015. »

« Nous appelons également les Etats membres à prendre leurs reponsabilités et écouter les nombreux appels des citoyens européens, des apiculteurs et des organisations environnementales. Mobilisés depuis près de deux décennies, lors de l’introduction des néonicotinoïdes sur le marché, ces acteurs tirent la sonnette d’alarme sur la lourde responsabilité de ces produits dans la disparition des abeilles en Europe. Enfin, nous appelons l’industrie à se concentrer sur la production d’autres produits phytopharmaceutiques au lieu de menacer la Commission européenne de poursuites judiciaires » conclut Sandrine Bélier.

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