Réforme bancaire: Mr Hill a déjà choisi son camp: celui du « big business »

4 décembre 2014
Dans une lettre datée du 18 novembre 2014 adressée à son collègue Mr Frans Timmermans (Premier Vice-Président de la Commission), Jonathan Hill, Commissaire chargé des Services financiers, évoque le retrait de la proposition législative en matière de réforme structurelle des banques comme une option à envisager sérieusement l’année prochaine, « dans le cas où les États membres de l’UE continueraient à ne pas soutenir [l’initiative] ».

Philippe Lamberts, vice-président du groupe des Verts/ALE au Parlement européen, a tenu à réagir à ces propos:

« Vu les antécédents de lobbyiste financier de Mr Hill, il était assez évident que celui-ci œuvrerait à l’affaiblissement de la législation financière européenne. C’est d’ailleurs pour cette raison que les Verts ont voté contre sa candidature. Cependant, ayant pu également observer dans son chef des compétences diplomatiques indéniables, je m’attendais à ce qu’il accomplisse sa mission de manière beaucoup plus subtile. Mais, en suggérant à son collègue Frans Timmermans de tout simplement retirer la proposition législative en matière de séparation des métiers bancaires en cas de blocage prolongé des négociations au sein du Conseil, ce dernier a pour le moins décidé d’adopter une stratégie franchement grossière et scandaleuse. Le signal qu’il envoie aux États membres est clair: « continuez à privilégier une stratégie de pourrissement de ce dossier, et nous nous chargerons l’année prochaine de tuer dans l’œuf la réforme bancaire ».

La démarche de Mr Hill a néanmoins le mérite de confirmer qu’il œuvre bien pour le compte des intérêts des grandes banques européennes et non en faveur de celui des citoyens européens. Lors de la présentation de son programme politique en juillet dernier, Mr Juncker avait déclaré qu’il était un ardent défenseur d’un « contrôle strict » des banques et que le règlement des problèmes du secteur bancaire constituait pour lui une « priorité constante ». Je demande donc à ce dernier de tenir sa parole en rappelant à l’ordre Mr Hill et en l’enjoignant de maintenir la réforme structurelle des banques au sommet de l’agenda politique« .

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