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Réinstallation des réfugiés : une politique sans portefeuille qui cache les manquements en matières d’accueil

8 juin 2010
La réinstallation est un outil important de protection des réfugiés puisque chaque année, il offre des solutions durables pour des dizaines de milliers de réfugiés qui ne peuvent rester en sécurité dans le premier pays d’asile et pour lesquels le retour dans le pays d’origine est impossible. Ainsi, un troisième pays se charge de les accueillir et d’assurer leur protection. Si son importance est reconnue par tous, quelques chiffres suffisent à comprendre les lacunes des Etats membres de l’Union européenne en la matière. Déjà seuls une dizaine d’Etats ont un programme annuel de réinstallation. Ensuite, alors qu’en 2009, 90% des réfugiés sont accueillis par les Etats Unis, le Canada et l’Australie, seulement 6% le sont par les pays européens (soit 5000 sur les 66.000 réinstallés).


par EurodeputesEE

Ce mardi 18 mai, les députés européens, réunis à Strasbourg, étaient amenés à s’exprimer sur la création d’un programme de réinstallation commun, comprenant des mesures financières incitatives pour que, sur une base volontaire, les Etats membres y prennent part.

Hélène Flautre à la tribune se félicite du consensus obtenu autour de la nécessité d’un tel programme. Toutefois, l’utilisation du Fonds Européen pour les Réfugiés (FER) pour inciter financièrement les Etats membres à participer à ce programme ne suffira pas à combler les besoins en la matière.

Et même, la France illustre à merveille les risques de récupération de tels programmes: l’utilisation médiatique de ces réinstallations comme opération de charité internationale peut servir à cacher des pratiques bien plus condamnables, et d’ailleurs condamnées, quant à l’accueil et la protection des demandeurs d’asile.

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