Roms : les eurodéputés Europe Écologie rappellent les valeurs fondamentales de l’UE

2 septembre 2010
La cause des Roms sera au cœur des débats lors de la prochaine session plénière du Parlement européen (à partir du 6 septembre). En réaction à la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy, une résolution rappellera aux gouvernements européens leurs obligations vis-à-vis des minorités discriminées.
Des parlementaires européens de plusieurs groupes politiques émettent actuellement de sérieuses critiques à l’encontre du gouvernement français, pointant du doigt les reconduites à la frontière de Roms mises en œuvre cet été. Lors de la prochaine session plénière du Parlement européen, ils comptent bien le signifier à travers une résolution écrite et remettre les Etats-membres face à leurs responsabilités. « Ce qui se passe aujourd’hui en France est l’énième manifestation des discriminations dont sont victimes les Roms dans toute l’Europe », rappelle Hélène Flautre, membre de la Commission des libertés civiles qui rédige le texte. En faisant preuve de plus de volonté politique, les gouvernements doivent impérativement utiliser les outils existants (comme les fonds structurels) afin de réduire les nombreuses discriminations dont sont victimes les Roms en Europe centrale, mais aussi dans les pays où ils tentent d’échapper à la misère.

« Expulser des familles roms ne fait que déplacer et aggraver la précarité de ces Européens et Européennes ayant droit à la libre circulation au sein de l’Union européenne depuis janvier 2007 », précise Nicole Kiil-Nielsen. La France, comme les autres Etats européens, a préféré bouder le Sommet européen qui était consacré, en avril 2010, aux Roms et à leur inclusion en Europe. Quelques mois plus tard, elle instrumentalise cette problématique afin de mettre en scène sa politique sécuritaire de lutte contre la délinquance. Se faisant, « cet Etat français qui joue au pompier pyromane », comme l’ajoute l’eurodéputée EE Catherine Grèze, ne craint pas de piétiner la Convention européenne des Droits de l’Homme selon laquelle « les expulsions collectives d’étrangers sont interdites ». « C’est un tour de passe-passe extrêmement cynique que de criminaliser des populations qui sont déjà les victimes du plus grand nombre de discriminations dans l’Union européenne », conclue Hélène Flautre.

Les Roms ne sont pas des citoyens européens de seconde zone et véhiculer des préjugés stigmatisent leurs communautés. De nombreux pays d’Europe de l’Ouest sont concernés par l’arrivée de ces personnes originaires de Bulgarie ou de Roumanie. C’est d’ailleurs l’Espagne qui accueille la plupart de ces ressortissants. Pour les eurodéputés Europe Écologie, favoriser leur intégration dans les Etats-membres est une priorité depuis de nombreuses années. Ce travail de longue haleine implique un accompagnement quotidien des actions menées dans les régions. Le 16 octobre 2010 par exemple, Nicole Kiil-Nielsen (élue EE du Grand Ouest) organisera une conférence-débat à Nantes avec tous les acteurs de terrain. Ces rencontres permettent également une meilleure compréhension de ces communautés, de leur histoire et de leur mode de vie.

– Lire le Communiqué de presse du Parlement européen.

En France et en Roumanie, des difficultés structurelles

Education – L’éducation doit être une priorité majeure de toute politique en direction des Roms. Elle est la clé de leur liberté et de leur autonomie, tout particulièrement en ce qui concerne les filles. Mais pour cela, les enfants ont besoin de stabilité et de soutien. Les écoles ségréguées dans lesquelles ils sont envoyés en Roumanie ou Bulgarie (quand ce ne sont pas des écoles pour déficients mentaux !) est un obstacle à leur intégration, un facteur de la reproduction des préjugés à leur encontre. D’autant plus que moins de deux Roms sur dix terminent le cycle primaire d’éducation. « En France, les conditions de vie insalubres sur les campements s’avèrent souvent incompatibles avec le fait d’envoyer les enfants à l’école, pour peu qu’ils arrivent à s’y inscrire », remarque Nicole Kiil-Nielsen. Evidemment, les expulsions et les mesures collectives d’éloignement du territoire national interrompent systématiquement la scolarisation…

Emploi« Les Roms sont expulsés de leur camp de fortune, voire renvoyés vers la Roumanie, la Bulgarie, ou le Kosovo sous prétexte de ne pouvoir subvenir à leurs propres besoins. Comment imaginer que ce puisse être le cas alors que leur accès à l’emploi est largement entravé ? », s’interroge Catherine Grèze. Depuis 2007, l’Etat français, comme dix autres pays de l’UE, a fait le choix de maintenir les mesures transitoires appliquées aux Roumains et aux Bulgares. Résultat : ils doivent remplir les mêmes conditions que les ressortissants de pays-tiers et solliciter un titre de séjour et une autorisation de travail – alors même qu’ils sont citoyens européens – si un employeur décide de les embaucher. Sans compter que ces derniers doivent également verser une taxe d’au minimum 800 euros pour un emploi d’une durée de un an. Les Roms ont donc autant de difficultés à trouver un travail ici que là-bas, en Roumanie par exemple, où ils sont victimes d’une forte discrimination directe ou indirecte à l’embauche. Remédier aux inégalités dans les niveaux d’instruction en mettant en œuvre des programmes de formation et des remises à niveau professionnelles pourrait être une solution possible.

Logement « Les Roms des Balkans et des pays de l’Europe centrale et orientale ont quasiment tous été sédentarisés depuis des générations, parfois depuis des siècles, explique le collectif Romeurope dans son rapport 2009-2010. Leur mode de vie n’est donc en rien comparable à celui des Gens du voyage français qui par essence se déplacent régulièrement avec leur habitat caravane. » En Roumanie, les Roms sont victimes d’une ségrégation géographique et urbaine et ont des conditions souvent difficiles, liées au manque d’infrastructures (eau, égouts, électricité). En France, ils installent des habitats précaires de manière illégale, ou investissent les emplacements prévus pour les caravanes de la communauté des Gens du voyage français. « Il faut trouver des solutions d’hébergement adaptées à leur mode de vie. Les associations le savent, estime Hélène Flautre. Mais sans crédit de la part de l’Etat… aucun projet ne peut voir le jour. »

Pour s’informer :

– visitez la section Roms et Gens du voyage sur le site du Conseil de l’Europe

– découvrez le rapport 2009 – 2010 du collectif Romeurope

– et le site de l’Agence européenne des droits fondamentaux.

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