Sarkozy : après « l’environnement ça commence à bien faire » du salon de l’agriculture, « le climat et les économies d’énergie on s’en fout » de la taxe carbone

Alors que le Président de la République avait fait de la lutte contre les changements climatiques l’une des priorités de son quinquennat, qu’il comparait volontiers « sa » taxe carbone à l’abolition de l’esclavage ou de la peine de mort, il vient de mettre fin à l’illusion écologique qu’il voulait entretenir.

Pour Pascal Canfin, Yannick Jadot et Jean Paul Besset, euro-députés Europe Ecologie :

Prisonnier des lobbies les plus productivistes de l’agriculture, des transports, de l’énergie ou du béton, prisonnier d’une majorité qui n’a jamais caché son opposition au Grenelle de l’environnement et à sa démocratie participative, Nicolas Sarkozy avait progressivement vidé la contribution climat énergie proposée de tous ses éléments d’efficacité énergétique et de justice sociale. Ce n’était visiblement pas suffisant ! La posture s’est rapidement transformée en imposture. Les discours volontaristes laissent la place à la triste réalité de l’impuissance à passer à l’acte.

« Le projet de taxe carbone français était mauvais, tout le monde en convient. Mais plutôt que de modifier son projet pour le rendre écologiquement efficace et socialement juste, il le jette aux oubliettes. Pour masquer son manque de courage politique, Sarkozy jongle avec l’Europe, attendant d’elle parfois une taxe carbone communautaire, d’autres fois une taxe carbone aux frontières, deux mesures qu’il sait vouées à l’échec dans les années qui viennent.

Une fois de plus, le gouvernement français utilise l’argument de la compétitivité industrielle pour justifier sa reculade. Et tant pis si, dans le cadre du marché carbone européen, les industriels continuent à bénéficier de centaines de millions de tonnes de quotas carbone gratuits et peuvent en tirer des centaines de millions d’euros de profits. Tant pis si, avec la chute des émissions de carbone liés à la récession économique et l’afflux massif de crédits carbone étrangers, les efforts demandés aux industriels se réduisent à peau de chagrin. L’argument de la compétitivité continue à fonctionner malgré les études économiques qui s’accumulent.

Ce renoncement est d’autant plus dramatique que l’investissement dans la transition énergétique constitue l’un des leviers de sortie durable de la crise avec des centaines de milliers d’emplois à la clé et la réduction de la précarité énergétique. Décidément avec Sarkozy, une nouvelle compétitivité de l’économie française et la réduction du chômage ne sont pas pour demain.»

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