I Culori d’Umani

8 septembre 2010
L’intervention de François ALFONSI au vernissage de ce qui a été l’évènement culturel de la rentrée au Parlement européen.
Merci à vous qui avez répondu à cette invitation lancée avec le Président de l’Association pour une Fondation de Corse, Jean François Bernardini, pour la présentation de cette exposition I Culori d’Umani au Parlement Européen.

L’intérêt de cette exposition est bien sûr artistique, vous pouvez en juger. Il l’est aussi à travers sa finalité : toutes ces œuvres seront proposées à une vente aux enchères, en janvier prochain à Paris, et le produit de cette vente alimentera le capital d’une Fondation, la Fondation pour la Corse. Ces œuvres ont en effet été données à la Fondation Umani par des dizaines d’artistes, corses, mais aussi non corses, vivant en Corse, mais aussi hors de Corse ; tous sont unis par un même sentiment : l’amour de la Corse.

A travers eux, c’est une Corse solidaire et ambitieuse pour son avenir qui s’exprime. Il était pour moi important de la faire connaître au Parlement européen.
Mon intention est aussi de porter un message d’alarme au sein de l’Assemblée parlementaire européenne : alors que la diversité est, depuis le traité de Lisbonne, la devise européenne, cette diversité est en voie de disparition sur de nombreux territoires au cœur même de l’Union !
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La langue et la culture corses sont menacées de disparition et, comme elles, de nombreuses autres langues et cultures d’Europe qui nous ont été transmises à travers les siècles. Ce n’est pas moi qui l’affirme, c’est l’UNESCO, et son diagnostic est irréfutable.

L’Europe accepterait-elle que dans tel ou tel Etat de l’Union on assiste dans l’indifférence à la disparition d’une espèce animale ou botanique ? Comment peut-on alors consentir à l’agonie de langues et de cultures millénaires, privées de moyens pour leur transmission aux générations futures ?

Chacun sait que ces langues sont les victimes des politiques d’expansion culturelle des Etats lors des 19è et 20è siècles.

Il reste dans chacun de ces Etats les suites de ces politiques de domination, avec plus ou moins de vigueur. La France, malheureusement pour nous, est parmi les plus rétrogrades de l’Union. Aussi, s’en remettre aux seuls Etats pour l’avenir de ces langues et cultures menacées revient à coup sûr à les condamner à disparaître.
L’Europe ne doit surtout pas jouer les Ponce Pilate, et c’est ce message que je voulais Faire entendre à travers vous.

Enfin avant de passer la parole à Jean François Bernardini, le leader du groupe culturel I Muvrini, et le Président de l’Association pour une Fondation de Corse, je voudrais présenter en deux mots la démonstration de Cantu in Paghjella qui va suivre.
Filippu Rocchi, Minicale, et Alain Bernardini vous feront entendre une Paghjella, ce chant polyphonique pratiqué depuis la nuit des temps en Corse, un « bien immatériel » désormais inscrit au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.

Minicale vous expliquera en quoi ce « miracle polyphonique » opère, de façon à ce que vous puissiez en écouter une seconde en étant un peu au fait de cette forme artistique originale.

Le message est simple : chaque culture d’Europe recèle des trésors inestimables. Sauvegarder ces cultures, c’est préserver tous ces trésors populaires et c’est donc garantir ce qui est la vraie richesse de l’Europe : sa diversité.

François ALFONSI

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