Un vote positif pour les travailleuses en congé maternité

21 octobre 2010
Le Parlement européen vient d’approuver la prolongation du congé maternité à 20 semaines minimum (rémunéré à 100 %), contre 14 actuellement en Europe et 16 en France. Le groupe des Verts/ALE a soutenu cette résolution qui se prononce également pour un congé paternité obligatoire de deux semaines.
« C’est un pas important vers l’égalité des genres en Europe », lance Nicole Kiil-Nielsen, membre de la commission pour les Droits de la femme du Parlement européen (PE). Le mercredi 20 octobre, les eurodéputés ont finalement approuvé le rapport de la socialiste portugaise Edite Estrela qui propose une révision des directives européennes concernant la santé et la sécurité des travailleuses enceintes. Ce n’était pas gagné : « Pour les conservateurs, l’idée que les pères s’occupent de leurs progénitures pendant deux semaines, c’est comme aller sur la lune », estimait Daniel Cohn-Bendit avant le vote.

Finalement, les parlementaires ont décidé d’aller au delà la proposition de la Commission européenne qui soutenait un congé maternité minimal de 18 semaines. Ils ont voté en faveur de 20 semaines avec une rémunération équivalente au salaire complet. Le PE a également adopté des amendements pour interdire le licenciement des travailleuses enceintes dès le début d’une grossesse et jusqu’à six mois, au minimum, après le terme du congé de maternité. Dans ce texte, les élus s’accordent aussi pour défendre les femmes dans leur milieu professionnel afin qu’elles puissent retrouver leur emploi ou un « poste équivalent », c’est-à-dire avec le même salaire, dans la même catégorie professionnelle et dans le même type de fonctions que ceux qu’elles avaient avant le congé maternité.

« Un congé de maternité plus long et la reconnaissance à l’échelle européenne d’un congé paternité obligatoire sont indispensables pour la santé des mères et des bébés, poursuit Nicole Kiil-Nielsen. Ils le sont également pour atteindre le seuil de 75 % de participation des femmes au marché du travail, prévu par la stratégie 2020 de l’Union européenne, de même que pour faire face aux défis d’une société vieillissante. »

La balle est maintenant dans le camp des gouvernements européens qui doivent se prononcer à leur tour sur cette révision. « Nous appelons le Conseil européen à prendre en compte ce message clair du Parlement en faveur d’une meilleure protection des travailleuses enceintes dans tous les pays de l’Union européenne », conclut la députée européenne. Le débat risque d’être très tendu : plusieurs Etats-membres se disent déjà sceptiques, comme l’Allemagne, le Royaume-Uni ou encore… la France – notamment en ce qui concerne l’impact financier d’une telle réforme. La question du retour des femmes dans l’entreprise suite à leur congé maternité est également source de nombreux conflits… Affaire à suivre : si le Conseil change le texte adopté par le Parlement, les eurodéputés devront se prononcer en « deuxième lecture ».

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