Une délégation de migrants tunisiens au Parlement européen le 8 juin

8 juin 2011
Plusieurs jeunes Tunisiens arrivés en Europe après la révolution sont venus témoigner au Parlement européen à l’appel d’Hélène Flautre. Ils ont débattu des actions à mener dans l’urgence et ont évoqué l’avenir des relations en Méditerranée.

Pour lire et écouter le reportage de France Info et l’intervention d’Hélène Flautre cliquez ici

Si la révolution a fait tomber le dictateur Ben Ali, elle n’a pas permis de réduire la pauvreté dont souffrent les Tunisiens. Dans le Sud du pays, la guerre libyenne de l’autre côté de la frontière n’a fait que dégrader des conditions de vie très difficiles. C’est du Sud, justement, dont sont originaires l’immense majorité des 25 000 Tunisiens débarqués en Europe depuis le 14 janvier 2011. Environ 200 d’entre eux ont déjà péri au cours de la traversée… combien de morts faudra-t-il pour que l’Union européenne se décide à leur venir en aide ?

Les députés européens écologistes réclament, une fois de plus, que la directive qui prévoit une protection temporaire « en cas d’afflux massif de personnes déplacées » soit utilisée au plus vite : « L’Union européenne dispose des outils pour faire face à cette situation, observe Hélène Flautre. Elle doit tout mettre en œuvre pour être solidaire du mouvement démocrate qui se soulève dans le pays. Accompagner la transition démocratique de cet Etat, c’est aussi permettre aux jeunes venus ici de souffler, d’avoir des permis de séjour temporaires et de trouver un travail pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles restées au pays. »

Témoignages de jeunes Tunisiens au Parlement européen :

  • « Tunisie, Lampedusa, Bari et la frontière franco-italienne… On a risqué notre vie pour venir ici. J’avais l’espoir que l’Europe me donne ma chance et je voulais trouver le moyen d’aider ma famille, d’avoir un travail et un peu de dignité. Je viens d’une région très défavorisée en Tunisie, dans le Sud-Est où on n’a rien à faire, rien à attendre. J’ai un BTS dans la restauration mais avec après la révolution à laquelle j’ai participé, et ensuite la guerre en Libye, chez moi, le tourisme et le commerce sont des secteurs sinistrés. Quand je suis arrivé, je me suis senti traité comme un esclave, comme un criminel… En Italie, je n’ai pas eu le droit de circuler dans la ville, j’ai dormi dehors, je ne me suis pas douché pendant une semaine, pas dormi pendant cinq jours. Je ne comprends pas. C’est inhumain. Dans ce monde, pleins de gens ont le droit d’essayer d’améliorer leur condition, pourquoi pas moi ? »
    • « J’aimerais bien que les ministres qui viennent faire une croisière en Tunisie essaient de se mettre à notre place. Dans ma région, dans le Sud de la Tunisie, les femmes sont nombreuses à travailler dans le maraîchage pour des entreprises européennes ou des multinationales. Elles gagnent à peine 60 euros par mois pour nourrir toute une famille. Je ne parle même pas des pesticides et de leurs problèmes de santé… Comment voulez-vous que leurs fils ne quittent pas leur pays dans ces conditions ? »
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