Une victoire contre la malbouffe : la « thrombine » retoquée au Parlement européen

La thrombine bovine ou porcine, une enzyme utilisée comme colle pour agglomérer des morceaux de viande, ne terminera pas dans nos assiettes. Ouf ! Les eurodéputés Europe écologie, José Bové et Michèle Rivasi en tête, se réjouissent du veto posé le 19 mai 2010 par le Parlement européen.
Un beau spécimen de « malbouffe » : la thrombine est ni plus ni moins qu’un plasma sanguin animal, déjà utilisé dans plusieurs pays de l’UE dans la fabrication de charcuteries (notamment en Belgique, au Pays-Bas et en Allemagne). La Commission européenne souhaitait la voir figurer dans la liste des additifs alimentaires autorisés dans les 27 Etats-membres. Heureusement, les parlementaires européens en ont décidé autrement : « Le Commissaire européen Dalli vient de se faire taper sur les doigts par les députés qui se sont majoritairement opposés à ingurgiter sa cuisine industrielle peu ragoutante, lance José Bové. J’espère qu’il aura enfin compris que sa mission est de réellement protéger ses concitoyens contre l’appétit insatiable des firmes de l’agro-industrie ! »

Pour le député Europe écologie, l’idée d’utiliser la thrombine pour agglutiner des bouts de viande et pouvoir les vendre comme des morceaux entiers ne pouvait naître que d’esprits attirés par le gain à court terme… Mais que cette proposition des industriels ait été relayée par la Commission européenne inquiète : quelle est la mission de l’exécutif européen ? Défendre les entreprises ou l’intérêt des consommateurs ? « Une telle autorisation est contraire à un règlement communautaire de 2002 qui stipule que toute législation sur les aliments doit prévenir en particulier les pratiques pouvant tromper les consommateurs, ajoute Michèle Rivasi, membre de la Commission environnement au Parlement européen. Avec la thrombine, on trompe le consommateur sur la qualité du produit, c’est extrêmement fallacieux. » Ce vote est donc une victoire pour les consommateurs qui n’auront pas à chercher la mention « viande reconstituée » sur l’étiquette.

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Un commentaire

  • Anonyme dit:
     - 

    Bravo pour avoir gagné ce combat contre la puissance malsaine de l’industrie agroalimentaire qui doit rester au service de l’homme et non se servir de l’homme!