Vaccins : comment restaurer la confiance de la population?

12 janvier 2016
Alors que des parents viennent d’être condamnés à deux mois de prison avec sursis pour ne pas avoir administré un vaccin obligatoire à leur fille, Marisol Touraine présente son plan pour redonner confiance en la vaccination. Comment répondre à la défiance de la population ? Une tribune de l’eurodéputée écologiste Michèle RIVASI et de Didier Lambert, porte-parole de la campagne Pour des vaccins sans aluminium, publiée sur Le Plus de l’Obs.
Le vaccin est aujourd’hui sur la sellette. L’érosion de la confiance (dans la population, mais aussi dans le corps médical) s’explique notamment par les deux retentissants scandales des campagnes vaccinales contre l’hépatite B et la grippe H1N1 ces dernières années, les révélations de collusions public / privé au niveau de l’expertise et des autorités sanitaires en France, les doutes pesant sur les risques sanitaires des adjuvants ou excipients présents dans les vaccins (sels d’aluminium, mercure…), la sous-évaluation volontaire des risques et les dérives commerciales du vaccin devenu un jackpot pour les laboratoires pharmaceutiques en panne d’innovation.

Dans ce contexte, la ministre de la Santé Marisol Touraine a confié à Sandrine Hurel la rédaction d’un rapport relatif à la politique vaccinale en France. Nous en attendons une transformation de cette politique vaccinale. Celle-ci doit notamment intégrer le principe de précaution inscrit dans le préambule de notre constitution et mettre fin à l’emprise de l’industrie pharmaceutique.

Marisol Touraine s’est également engagée cet été à organiser un débat public sur les vaccins en France. Pour nourrir ce débat qui doit être mené de manière transparente et doté d’une organisation permettant la pleine participation de tous les acteurs, nous apportons sept propositions.

1. Mise en place d’un pôle d’experts indépendants
Pour que le public et les professionnels de santé puissent avoir confiance dans l’information qui leur est délivrée, il faut que celle-ci soit élaborée en toute transparence, par des experts sans lien d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique.
Nous soutenons la proposition élaborée en 2011 par le Sénat après « l’affaire Mediator » de création d’une expertise indépendante :
« La mission suggère donc de créer un corps d’État d’experts de santé publique commun à toutes les agences de santé. Ces experts sans liens d’intérêts avec l’industrie seraient nommés pour assumer un ou plusieurs mandats limités dans le temps au sein des différentes commissions et leur statut serait fixé par la loi. »

2. Renforcer la pharmacovigilance
L’Agence du médicament devra à l’avenir informer le corps médical des risques émergents, y compris lorsqu’ils sont en cours d’investigation. Cette démarche proactive, expressément prévue après « l’affaire du Mediator » mais non appliquée, doit être mise en œuvre au plus vite.
Il sera rappelé aux professionnels de santé qu’ils doivent déclarer tout effet indésirable d’un produit de santé aux services officiels de pharmacovigilance.
Un observatoire européen recensant les effets indésirables des vaccins devra être mis en place. Il pourra être saisi par toute association de victimes, ou tout scientifique lanceur d’alerte.
Les agences sanitaires européennes devront se coordonner dans leurs recommandations relatives à un vaccin et réévaluer les produits de santé sur la base de données en vie réelle après leur mise sur le marché.

3. Renforcer la recherche publique
Un budget public spécifique devra être affecté à l’évaluation des effets indésirables des produits de santé (dont les vaccins). Les équipes publiques de recherche seront destinataires de ces crédits.
La recherche sur les adjuvants alternatifs et sûrs (notamment phosphate de calcium) devra être encouragée.

4. En finir avec l’obligation vaccinale
Les campagnes de vaccination suscitent de nombreux débats en France et dans le reste de l’Europe. La France est l’un des seuls pays de l’ouest de l’Europe à avoir rendu le vaccin DTP (diphtérie, tétanos, poliomyélite) obligatoire.
Pourtant, comme le révèlent les statistiques, l’obligation vaccinale ne signifie pas forcément que la population soit mieux couverte en France que dans un pays où le vaccin est seulement recommandé.
Il convient de nous mettre en conformité avec la loi Kouchner de 2002 qui garantit la liberté de choix thérapeutique des patients en supprimant l’obligation vaccinale.

La suite sur Le Plus de l’Obs

Michèle Rivasi était sur ce sujet l’invitée de 9h15 ce matin sur France Info:

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