Afghanistan : L’Union européenne doit assumer ses responsabilités

Lors de la session de septembre, qui s’est tenue du 13 au 16 septembre, les membres du Parlement européen ont débattu de la situation en Afghanistan. Ils ont adopté une proposition de résolution jeudi 16 septembre.

Le Groupe des Verts/ALE demande à l’Union européenne d’assurer la protection des personnes fuyant l’Afghanistan en procédant à leur évacuation, en octroyant des visas humanitaires et en intensifiant l’aide humanitaire.

Déclaration de Damien Carême, membre de la commission des Libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) :

« Notre responsabilité dans ce qui se passe en Afghanistan est immense. Nous devons l’assumer et nous montrer solidaires du peuple afghan exposé quotidiennement à la brutalité des talibans, aux exécutions sommaires, aux décisions arbitraires et à l’oppression des femmes et des filles. À la violence s’ajoute désormais une catastrophe humanitaire et sanitaire, avec une famine qui menace 14 millions d’Afghanes et d’Afghans !
Dans ce contexte d’urgence et de violence, les rumeurs selon lesquelles la Présidence slovène de l’Union européenne ne compte pas mettre à l’ordre du jour du Conseil l’activation de la directive sur la protection temporaire est une honte absolue ! Notre Parlement doit réagir.
Nous demandons aussi à la Commission et aux États membres de renforcer et garantir l’accès à l’aide humanitaire et de rediriger l’aide au développement vers les acteurs non gouvernementaux, non plus vers le gouvernement taliban afghan.
L’Union européenne doit se mobiliser en faveur de tous ceux qui fuient la barbarie. Après les ratés de ces dernières semaines, elle doit coordonner de nouvelles évacuations de personnes : celles qui risquent leur vie pour avoir coopéré avec nous, tout autant que celles qui sont exposées à un risque imminent de persécution.
Tous les États membres de l’Union européenne doivent faire preuve de responsabilité et de solidarité envers les réfugié·e·s. Il est nécessaire d’octroyer des visas humanitaires aux personnes réfugiées dans un pays frontalier, de réinstaller des réfugiés dans l’Union européenne et de faciliter le regroupement familial. »

Déclaration de Mounir Satouri, membre de la sous-commission Droits de l’homme (DROI) de la commission des Affaires Étrangères (AFET) :

« Nous jugeons inacceptable le manque de consultation et de préparation entre alliés de l’OTAN en amont de la sortie d’Afghanistan. Que ce soit dans la négociation de paix avec les talibans – uniquement pilotée par les États-Unis – ou dans le retrait des forces américaines et des présences européennes – dans le chaos et l’impréparation la plus totale. Nous exigeons d’ailleurs une enquête publique au sein de l’OTAN sur l’insuffisance de cette concertation entre alliés et avec l’armée afghane.
La chute de Kaboul devrait être une leçon pour l’Union européenne. Pour ne pas reproduire les mêmes échecs, notamment au Sahel, il est impératif de faire la transparence sur notre présence en Afghanistan durant ces 20 dernières années. Notre tolérance de la corruption, nos compromis avec les violations des droits humains, le sous-investissement dans le développement : autant d’éléments qui viennent questionner l’efficacité de notre lutte contre le terrorisme, malgré des fonds publics massivement dépensés sur place.
Enfin, la suspension de l’accord offrant des préférences tarifaires des produits afghans sur le marché européen s’impose comme une évidence. Pour être efficace, l’Union européenne doit en effet développer une vision globale et une mise en musique cohérente de l’ensemble de ses politiques en matière de politique étrangère. »

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