Cancers féminins : le Parlement Européen a donné des axes d’action, la Commission doit les mettre en œuvre !

13 février 2019

Le Parlement Européen a adopté à une très large majorité, une résolution sur les enjeux et stratégies politiques de la lutte contre les cancers féminins et les pathologies associées. Michèle RIVASI rappelle les mesures les plus marquantes de ce texte. Pour la première fois, le travail de nuit des femmes est notamment pris en compte.

Un européen sur trois développe un cancer au cours de sa vie. Certains types de cancers, tels que les cancers du sein, de l’utérus ou du col de l’utérus, frappent quasi exclusivement les femmes. Près de 60 000 nouveaux cas de cancers du sein ont été diagnostiqués en France en 2017, causant 12 000 décès la même année. Cette résolution souligne la nécessité de renforcer les registres de cancers nationaux – qui reste un point faible en France – et invite à un meilleur accompagnement psychologique des victimes et de leurs proches. Elle demande aussi une amélioration et une harmonisation du dépistage à l’échelle européenne. On constate en effet qu’un diagnostic précoce du cancer du sein permet un taux de survie d’environ 80 %. Des études danoise et française ont aussi montré que le travail de nuit des femmes augmente leur risque de cancer du sein de 30 %. Nous avions soulevé cette question à Bruxelles en octobre 2018 avec l’association française Cyclosein. La très grande majorité des eurodéputés ont soutenu ma demande de réviser la législation « temps de travail » pour réduire ce risque spécifique.

PRENDRE EN COMPTE LE TRAVAIL DE NUIT POUR PRÉVENIR LES RISQUES DU CANCER DU SEIN

La résolution adoptée par le Parlement Européen demande aussi « la création d’une commission d’enquête chargée d’examiner l’impact des implants en silicone sur la santé des femmes, et en particulier le lien possible avec les formes de cancer et les comorbidités associées ». Il est urgent en effet de développer davantage les mesures visant à garantir la sécurité des implants mammaires. Des milliers de femmes en sont porteuses. Mais nous n’avons aujourd’hui aucune garantie qu’un scandale comme celui des prothèses PIP, que j’ai vigoureusement dénoncé lors de la révision sur la législation sur les implants médicaux, ne se reproduise pas avec un autre fabricants. La Commission et les États membres doivent mettre en œuvre le cadre juridique existant, en particulier dans les domaines de la surveillance, de la vigilance et du contrôle concernant l’utilisation de dispositifs médicaux à haut risque et leurs effets sur la santé des femmes.

Ce texte est un premier pas. Les résolutions et prises de positions européennes se répètent depuis plus de vingt ans sur le cancer et les cancers féminins, sans grand succès à la lumière d’un nombre de malades qui n’a jamais été aussi élevé. Il faut plus que de l’accompagnement ou du dépistage, il faut une politique cohérente de prévention sur des facteurs de risque qui sont aujourd’hui en grande partie connus. Du travail de nuit des femmes à la chasse aux perturbateurs endocriniens, à la lutte contre le tabac illicite, l’utilisation des pesticides ou l’alerte aux médicaments cancérigènes, il faut maintenant que la Commission Européenne prennent les mesures qui s’imposent pour vraiment lutter contre les facteurs de risque des cancers hormono-dépendants.

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