Ces pneus dont on parle si peu

26 mars 2019

Le vote d’un rapport sur l’étiquetage des pneus aura malheureusement été une occasion manquée de s’attaquer à une source principale de microplastiques. Réaction de Michèle RIVASI.

Lors du vote du texte final, une majorité composée de centristes et de conservateurs a noyé la proposition de la Commission européenne sur l’étiquetage des pneus au point que le résultat final ne modifie guère l’étiquette existante. Les dernières négociations (trilogue) entre la Commission le Parlement et les États commenceront au prochain trimestre.

Les Verts ont voté contre, principalement parce que la majorité susmentionnée a refusé d’habiliter la Commission à adopter des actes délégués pour afficher les informations relatives à l’abrasion (microplastiques) et au kilométrage (espérance de vie des pneus) à un stade ultérieur.

Réaction de Michèle RIVASI :

« Nous parlons beaucoup de l’impact des plastiques à usage unique comme les sacs et les pailles. Mais nous ne pouvons plus ignorer la menace que représentent les petits morceaux de plastique. Invisibles et ultralégères, les fibres de microplastiques sont partout… C’est une source de pollution majeure sur terre, dans l’air, dans les océans, et donc aussi dans notre eau du robinet ! En Europe, 72% des eaux du robinet sont polluées par des microplastiques et donc quasiment toute notre alimentation puisque l’eau entre dans la préparation de nombreux plats…

D’après une étude de la Commission européenne, les principales sources de microplastiques sont : l’abrasion des pneumatiques, les granulés de plastiques de pré-production, les textiles, les peintures de bâtiments, les peintures de marquage routier, les cosmétiques, les peintures de marine. Les pneumatiques sont le principal contributeur aux rejets non intentionnels de microplastiques dans l’environnement, entraînant une pollution de 250 000 à 500 000 tonnes par an dans l’Union européenne. En France, l’abrasion des freins, additionnée à celle des pneus et à l’érosion des revêtements routiers représente 46,5 % des particules fines émises par le transport routier.

Les politiques publiques se sont concentrées sur les particules fines émises par les moteurs des véhicules. Mais il est incroyable de constater que si peu est fait pour éviter que des milliers de tonnes de microplastiques ne se déversent chaque année dans notre environnement. Les microplastiques provenant des pneus contiennent un certain nombre de produits chimiques, notamment des cancérogènes, des mutagènes et des perturbateurs endocriniens, qui se dispersent dans l’environnement. Le rapport sur l’étiquetage des pneus était enfin l’opportunité de s’attaquer à l’abrasion des pneus en guidant les consommateurs vers de meilleurs produits et d’encourager l’innovation, mais celui-ci a été malheureusement canardé. »

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