Cher Mark Zuckerberg : notre vie privée n’est pas à vendre

Karima DELLI, Pascal DURAND, Yannick JADOT, Eva JOLY et Michèle RIVASI invitent le PDG de Facebook à promouvoir le nouveau règlement européen sur la protection des données, qui entre en vigueur le 25 mai. Une tribune publiée par Libération.

Cher Mark Zuckerberg,

Bienvenue en Europe, où la protection des données n’est pas une option, mais un droit fondamental. Votre venue cette semaine tombe à point nommé : à partir du 25 mai, le nouveau règlement européen sur la protection des données (RGPD) entre en vigueur. Cette législation renforce le contrôle des utilisateurs sur leurs données personnelles tout en simplifiant la vie aux entreprises – dont Facebook évidemment – grâce à un ensemble unique de règles.

Le nouveau règlement fixe des obligations plus strictes sur la manière dont les entreprises peuvent collecter et utiliser nos données personnelles. Notre consentement éclairé en devient la pierre angulaire : il devra être demandé en des termes clairs et facilement compréhensibles. Adieu les conditions générales interminables. Adieu aussi les demandes injustifiées des entreprises qui nous obligent à fournir des données personnelles pour accéder à leur service.

Nous sommes fiers du travail des écologistes qui ont œuvré pour que l’Europe se dote du cadre de protection le plus avancé au monde. Ce progrès majeur n’avait rien d’évident. Jamais le Parlement européen n’a connu un tel lobbying de la part des multinationales du numérique – dont la vôtre –, si bien que le nombre d’amendements déposés sur ce texte a atteint un record. Après quatre années d’intenses négociations, il a fallu une détermination sans faille du chef de file des négociations pour le Parlement européen, l’eurodéputé vert Jan Philipp Albrecht, pour en arriver là.

Nos adversaires politiques n’ont eu de cesse de prétendre que des règles trop protectrices désavantageraient l’Union européenne face à ses concurrents. Et voilà que, devant le Congrès américain il y a peu, vous leur avez apporté la meilleure réponse en expliquant que le règlement européen était «positif» et que vous envisagiez même d’en étendre l’application partout à travers le monde. Preuve que ces ambitieux standards de protection ont vocation à fixer les règles du jeu mondial : la place prépondérante du numérique dans nos vies doit aller de pair avec une protection accrue de nos données. C’est le chemin à suivre ; et nous vous y encourageons.

Après que vous avez combattu ce règlement, nous vous invitons à le promouvoir et vous sommons – au minimum – de l’appliquer correctement. Les citoyens sont de plus en plus attentifs à la manière dont sont utilisées leurs informations : être à la pointe en matière de protection de la vie privée va devenir un avantage compétitif certain. D’autant plus qu’en Europe, les utilisateurs pourront désormais changer facilement de réseau social grâce au nouveau «droit à la portabilité» qui leur permet de demander le transfert des données d’un fournisseur de services à un autre, plus protecteur par exemple.

Surtout, vous mettre à niveau empêchera que votre entreprise puisse encore une fois être responsable de l’exploitation abusive des données personnelles de plus de 87 millions d’utilisateurs, qui plus est à des fins électorales comme l’a montré le récent scandale…..

La tribune complète est à consulter sur le site de Libération.

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