La France doit dire non à la déforestation

Dans une lettre ouverte publiée par Euractiv, quatre eurodéputés dont Michèle RIVASI et Pascal DURAND appellent la France à se positionner clairement contre la déforestation liée à l’huile de palme.

La France est sur un plan international aux avant-postes de la lutte contre les dérèglements climatiques et pour la protection de l’environnement. Nous saluons et partageons cet engagement. L’élan initié à la suite des accords de Paris mobilise pleinement les institutions européennes, qui veillent à prendre les mesures nécessaires pour assurer une transition énergétique à la hauteur de ces défis.

Dans ce cadre, le 17 janvier dernier, le Parlement européen a adopté en plénière les rapports relatifs au paquet Énergie-Climat pour 2030. À l’issue des délibérations menées dans l’enceinte du Parlement européen, les parlementaires ont exprimé une volonté politique claire et responsable : l’utilisation de l’huile de palme sur le territoire de l’Union doit être régulée.

En effet, depuis quelques années, l’importation de l’huile de palme connaît un essor en Europe avec son utilisation croissante comme carburant dans les transports. Près de la moitié de l’huile de palme importée a désormais vocation à alimenter la production de biodiesel, pour représenter désormais le tiers de la consommation de biodiesel dans l’Union européenne. Cet effet d’aubaine accentue pourtant considérablement les pressions foncières et les tensions environnementales observées de longue date en Asie du sud-est.

Le palmier à huile est la principale cause de déforestation dans cette région, contribuant ainsi à accroître les émissions de gaz à effet de serre et à éroder la biodiversité locale. À cet impact écologique dramatique s’ajoutent des effets désastreux pour les droits humains et sociaux, depuis l’expropriation des terres jusqu’au travail forcé des catégories les plus vulnérables. Cette situation est connue et documentée. Nous vous savons pleinement conscient de ses effets néfastes.

Face à ces menaces, le Parlement européen a décidé de mettre un terme à la comptabilité des biocarburants produits à base d’huile de palme dans l’atteinte des objectifs environnementaux des États membres. Cette décision exigeante mais responsable est le fruit d’un compromis adopté et salué à une très grande majorité par des eurodéputés de tous horizons politiques, que nous représentons aujourd’hui. Elle constitue un signal fort pour mettre un coup d’arrêt définitif, d’ici au 1er janvier 2021, à l’effet pervers entretenu par ce débouché énergétique.

Or les récentes annonces relatives à l’ouverture dans le sud de la France, sur le site de La Mède, d’une usine de production de biodiesel à partir d’huile de palme suscitent notre incompréhension. Prévu à l’été 2018, les ONG estiment que l’appel d’air créé doublerait la consommation française d’huile de palme. Ce choix d’approvisionnement questionne la soutenabilité environnementale d’un tel projet, alors même que l’huile de palme importée échappe à la rigueur des standards de qualité environnementale exigés en Europe…

Tribune complète à consulter sur le site d’Euractiv.

 

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