Taux de PFAS dans le sang des Européen·nes

Cette étude exploiratoire, menée auprès de 110 volontaires, a été réalisée afin d’évaluer l’ampleur et le risque potentiel pour la santé lié à l’exposition aux PFAS des Européen·nes.
Elle analyse quatre PFAS à longue chaîne (PFOS, PFOA, PFHxS et PFNA, ensemble également appelé « EFSA-4 ») et de cinq PFAS à chaîne ultra-courte (TFMS, TFA, PFEtS, PFPrA et PFPrS).
Sur les 110 participant·es, 79 ont rempli un questionnaire portant sur les facteurs prédictifs potentiels de l’exposition aux PFAS. Les principaux résultats de cette étude sont présentés ci-dessous.

Présence

  • 100 % des participant·es présentaient des PFAS à longue chaîne (PFOS, PFOA, PFHxS et PFNA) dans leur sérum. Les profils observés correspondaient à ce qui est généralement constaté dans les études de biosurveillance menées auprès de la population générale.
  • Parmi les PFAS à chaîne ultra-courte analysés, seuls le TFA et le PFPrA ont été détectés (respectivement chez 100 % et 23 % des participant·es). Les concentrations de PFPrA étaient relativement faibles. En revanche, les concentrations de TFA observées dans cette étude étaient environ 4 à 5 fois supérieures à la somme des quatre PFAS à chaîne longue. Les concentrations sériques médianes de TFA observées dans cette étude sont les plus élevées jamais rapportées chez l’homme à ce jour.

Facteurs prédictifs de l’exposition aux PFAS

  • Aucune différence nette n’a été observée dans les concentrations de PFAS entre les participant·es de différents pays européens. Toutefois, cela n’a pas pu être vérifié de manière fiable en raison du faible nombre de participant·es par pays et des écarts limités entre les concentrations de PFAS des participant·es.
  • Les concentrations de PFAS à longue chaîne augmentaient avec l’âge chez les hommes, mais pas chez les femmes. Ce résultat est conforme à ce qui a été observé dans d’autres études de biosurveillance. Aucune différence nette n’a été constatée dans les concentrations de TFA entre les hommes et les femmes.
  • Les habitudes alimentaires déclarées par les participant·es avaient une influence sur les concentrations de PFAS. Comme prévu, les concentrations de PFAS à longue chaîne augmentaient avec la consommation de poisson/fruits de mer et de viande.
  • Aucune tendance claire concernant les niveaux de PFAS n’a été observée pour les autres facteurs prédictifs (IMC, prise de statines, fréquence des dons de sang, statut ménopausique, utilisation d’ustensiles de cuisine antiadhésifs, fréquence de consommation de plats à emporter, provenance de l’eau bue (eau en bouteille ou du robinet) et proximité déclarée du domicile par rapport à des sources industrielles ou autres sources ponctuelles, profession), qu’ils soient analysés isolément ou en combinaison. Cela peut s’expliquer par la conception de l’étude.

Risques pour la santé

  • Les concentrations de la somme des quatre PFAS à longue chaîne (ΣEFSA-4 = PFOS + PFOA + PFHxS + PFNA) dépassaient le seuil considéré comme sûr par l’EFSA chez 27 des 110 participant·es (25 %). Bien que ce dépassement soit relativement modeste, les 5 % de participant·es les plus exposé·es ayant dépassé le seuil d’au moins 1,7 fois, il dépasse ce qui est considéré comme sûr et des effets sur la santé ne peuvent être exclus. Cela est particulièrement préoccupant pour les femmes en âge de procréer (dont 4 ont dépassé le seuil dans cette étude), compte tenu des effets néfastes possibles sur le système immunitaire en développement de leurs (futurs) enfants.
  • En ce qui concerne les TFA, aucune valeur d’orientation sanitaire appropriée n’est actuellement disponible pour évaluer le risque sanitaire lié aux concentrations de TFA dans le sérum. Cependant, les agences européennes se sont récemment mises d’accord sur une classification des TFA en tant que substances toxiques pour la reproduction (« peut nuire au fœtus » et « est soupçonnée d’altérer la fertilité ») et ont abaissé la dose journalière admissible à 0,014 mg/kilogramme de poids corporel par jour, soulignant ainsi l’inquiétude croissante quant à l’impact des TFA sur la santé humaine.

Compte tenu de la conception de cette étude, les résultats présentés dans ce rapport doivent être interprétés avec prudence. Néanmoins, ils soulignent l’urgence de poursuivre les efforts visant à réduire l’exposition aux PFAS et mettent en évidence la nécessité d’inclure les PFAS à chaîne ultra-courte, tels que le TFA, dans les futures études d’impact sur la santé humaine et de biosurveillance.

 

Lire le rapport (en anglais)

Signer la pétition pour interdire les PFAS

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