Transport de substances radioactives : le Parlement cautionne un minimum de contraintes et de sécurité

19 septembre 2013
En adoptant le rapport Kovacs sur le système européen d’enregistrement des transporteurs de matières radioactives, les eurodéputés réunis au sein de la commission Industrie, Recherche et Energie du Parlement européen « privilégient les intérêts du marché et facilitent les déplacements avec un minimum de contraintes et de sécurité ». C’est ce que dénonce Michèle Rivasi, eurodéputée Europe Ecologie – Les Verts, qui s’est fermement opposée à ce texte.
Alors que les Verts/ALE ont su convaincre les autres groupes politiques de changer de base juridique, excluant de fait la base juridique non-démocratique Euratom, l’ensemble des amendements votés s’est révélé trop décevant pour que les écologistes votent en faveur du rapport.

Pour Michèle Rivasi, vice-présidente du groupe des eurodéputés Verts/ALE et co-rapporteur de ce texte, les eurodéputés n’ont pas su imposer les contraintes nécessaires à une véritable responsabilisation des transporteurs :

« Il est inquiétant de voir que les eurodéputés d’ITRE ne comprennent pas la menace que font peser les matières radioactives sur la santé des travailleurs, des populations et de l’environnement. Leur transport est une activité à haut risque qui nécessite le meilleur des encadrements.

Au lieu de cela, les eurodéputés conservateurs ont préféré privilégier les intérêts du marché des marchandises dangereuses pour faciliter leurs déplacements avec un minimum de contraintes. Premièrement, ce texte n’encadrera pas toutes les matières radioactives, l’uranium appauvri par exemple en sera exclu. Par ailleurs, le transport par voie aérienne et maritime ne seront pas encadrés par ce texte, seules les voies terrestre et ferroviaire le seront.

Pire : les eurodéputés ont voté contre l’application du pollueur-payeur en cas d’accident impliquant un transporteur. Encore pire, ils ont voté contre l‘obligation de séparer les matières explosives des matières radioactives dans les convois. C’est tout bonnement hallucinant, car on ne tire aucune leçon des frayeurs passées : en mai dernier, dans le port d’Hambourg, un bateau avait pris feu et l’incendie avait été géré in extremis. Dans ce bateau se trouvaient tant des matières radioactives que des explosifs, alors que nous étions dans un bassin de population important. Doit-on attendre un accident grave pour enfin prendre les mesures nécessaires ? Un tel aveuglement fait craindre le pire pour l’avenir. »

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