Un remake du Dieselgate pour l’industrie chimique

12 octobre 2018

Michèle RIVASI s’insurge alors qu’une enquête, publiée ce vendredi, montre que près d’un tiers des produits chimiques présents sur le marché de l’UE depuis 2010 sont potentiellement dangereux pour la santé humaine et en infraction avec la législation européenne. 31% seulement sont conformes à la réglementation REACH. Quant au dernier tiers, il doit encore faire l’objet d’une investigation approfondie. 

Pendant des années, les entreprises chimiques ont pu commercialiser des centaines de produits sans avoir préalablement fourni aux autorités compétentes des données règlementaires quant à leur toxicité, leurs conséquences sur la fertilité ou le développement neurologique…

Ces résultats alarmants ont été établis par l’enquête détaillée menée sur 3 années par l’UBA (l’agence fédérale allemande pour l’environnement) et le Bfr (l’institut fédéral allemand d’évaluation des risques, entre autres remis en cause dans son évaluation des risques liés au glyphosate). Elle a été  présentée lors d’un atelier en août dernier et annoncée le 25 septembre.
Ce vendredi 12 octobre, le bureau européen de l’environnement (EEB) tire la sonnette d’alarme sur ce rapport passé inaperçu.

Déclaration de Michèle RIVASI, coordinatrice la Commission PEST, membre de la Commission santé et environnement :

« Défaillance généralisée des pouvoirs publics et manquements graves à leurs obligations face à une industrie de gangsters, voilà en substance les ingrédients de ce nouveau scandale qui s’apparente à un remake du Dieselgate pour l’industrie chimique.

La facilité avec laquelle cette industrie a pu commercialiser  ses produits en s’affranchissant des lois est déconcertante. Une fois de plus, il semblerait que la Commission européenne, les États membres mais aussi l’ECHA, aient fait preuve, au minimum, de légèreté face à une situation alarmante et qu’ils n’aient pas été en mesure d’assurer  le respect de la législation ni, a fortiori la protection des citoyens.

Nous connaissons tous aujourd’hui les conséquences désastreuses sur la santé de l’exposition aux produits chimiques : cancers, dérèglement du système hormonal, maladies respiratoires, problèmes de fertilité, retards de développement… Ne pas agir ni sanctionner serait criminel. Nous ne pouvons continuer à accepter que la loi soit systématiquement considérée comme une « charge administrative » entravant la compétitivité. Cette mythologie est intenable. Non seulement elle ne protège pas les Européens ni notre environnement mais elle nuit de surcroît au dynamisme économique et à l’innovation. »

* le règlement “Registration, Evaluation, Authorisation and Restriction of Chemicals “ est entré en vigueur le 1er juin 2007

L’étude citée ici est accessible en ligne.

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