30 mars 2011

Convaincu par les informations recueillies par Eva Joly et Michèle Rivasi, eurodéputées Europe Ecologie-Les Verts, le président du Mali, Amadou Toumani Touré, a pris la décision de faire arrêter les forages d’uranium dans la région de Faléa, à l’Ouest du pays. Les eurodéputées mettent ainsi fin à une lutte de quatre ans entre les habitants de cette région et une société canadienne, propriété de Rockgate Capital Corp, qui y avait obtenu des permis d’exploration de gisements de cuivre, de bauxite et d’uranium de la part du gouvernement en 2007. Communiqué de presse.

Many Camara, l’émissaire en Europe de l’Association des ressortissants et des amis de la commune de Faléa, était venu rencontrer les eurodéputées pour leur exposer les menaces pour les 17 000 habitants des 21 villages de cette région, où par ailleurs la biodiversité est exceptionnelle. Les mines d’uranium provoquent en effet la dispersion dans l’air de poussières fortement radioactives ainsi que des rejets d’eau contaminée. Les deux eurodéputées se sont ensuite rendues sur place, dans ce lieu enclavé et situé à 800 kilomètres de la capitale Bamako, afin de constater par elles-mêmes l’importance du problème et de rencontrer les maires des communes concernées et la population.

De retour à Bamako elles ont pu dialoguer avec la société civile et des membres du gouvernement, dont les ministres de l’Environnement et des Mines, MM. Tiemoko Angare et Abou Bakar Traore. « Ceux-ci n’avaient que très peu d’informations sur les nombreux forages effectués et sur les dangers environnementaux et sanitaires de l’exploitation d’une mine d’uranium », constate Eva Joly, qui souligne « l’établissement d’un dialogue serein avec les autorités ».

Mine d’uranium : Eva Joly et Michèle Rivasi à Faléa au Mali
26 mars 2011

Les eurodéputées étaient accompagnées au Mali par des experts de la CRIIRAD, la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la radioactivité Cette association avait déjà démontré les dégâts causés au Niger par l’exploration d’uranium, menée notamment par le français Areva. Les centrales nucléaires ne peuvent en effet pas fonctionner sans ce minerai dont les réserves sont épuisées en France. « La CRIIRAD avait rendu publique l’année dernière une étude sur l’impact environnemental désastreux de l’extraction d’uranium », rappelle Michèle Rivasi. Arrivée quelques jours avant les Eurodéputés à Faléa, la CRIIRAD y avait effectué des relevés environnementaux grâce à un financement du groupe des Verts-ALE au Parlement européen.

« Lors d’une ultime visite, le président a promis d’arrêter les forages, de ne pas délivrer de permis d’exploiter et de désormais favoriser l’agriculture plutôt que les industries polluantes », se réjouit Eva Joly, qui ajoute que les échanges ainsi commencés se poursuivront avec les autorités et la société malienne, notamment pour réfléchir à un éventuel soutien technique ou financier de la part de l’Union européenne.


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