Audition au Parlement européen : une politique durable de la Pêche

4 mai 2011
Politique commune de la Pêche : Audition du Groupe des Verts/ALE

Le mardi 3 mai au Parlement européen, les députés européens Jean-Paul Besset, Isabella Lövin, Raül Romeva i Rueda et Keith Taylor ont organisé l’audition :
Quelle quantité de poisson peut-on pêcher sans risque ?

Les écologistes européens estiment que le principe de précaution doit être la base de la Politique Commune de la Pêche.
La réforme de la Politique Commune de la Pêche doit garantir une gestion durable des ressources halieutiques, c’est à dire respecter l’équilibre des espèces et assurer une activité durable de la filière pêche.

Nous avons auditionné des ONG, des instituts scientifiques et la Commissaire à la Pêche et aux Affaires maritimes, Maria Damanaki.

Retour sur les interventions…

Si l’exactitude scientifique n’est pas aisée dans la détermination des stocks, il n’en demeure pas moins que la méthodologie doit changer. La prise en compte d’une espèce seulement dans l’approche scientifique doit être dépassée pour laisser place à une prise en compte de l’espèce et de son écosystème.

Pour répondre aux choix et aux décisions de la politique commune de la pêche, il nous faut nous poser les bonnes questions ! L’optimisation de la quantité pêchée ne plus se poser comme telle. 40% de la population mondiale vit à proximité du littoral, des centaines de millions de personnes entretiennent une dépendance directe à l’océan. Les produits de la mer sont pourtant indispensables à la sécurité alimentaire mondiale, puisque le poisson est la première source de protéines animales dans les pays du sud.
Il nous faut désormais répondre à un enjeu de durabilité : peut-on maximiser le nombre des espèces tout en renforçant sa protection ? Nous ne pouvons plus parler de maximisation de la quantité mais plutôt de maximisation de renouvellement.

La surpêche européenne est prouvée… malgré un cadre juridique clair de deux conventions internationales (UNCLOS* et UNFSA** ) et du principe de précaution inscrit dans les traités européens.

Des pays, comme l’Australie, se sont réellement engagés dans une politique volontariste, une politique durable de la Pêche. Un expert australien nous a présentés un retour d’expérience tout à fait pertinent sur les plans économique, social et environnemental.

Enfin, la Commissaire Maria Damanaki, en charge de la Pêche, maintient le cap d’une politique volontariste. Mais elle ne peut se faire sans les Etats-Membres ! Si les textes et avis des institutions européennes existent, ils demeurent inappliqués. Les Etats doivent assumer pleinement la responsabilité d’application du principe de précaution. Le maintien et le renouvellement des stocks des ressources halieutiques est une garantie des emplois de la Pêche en Europe.

Pour les écologistes européens, il s’agit de mener une politique de gestion des ressources, du marché, des flottes et des filières, en privilégiant la pêche artisanale, en protégeant du pillage les eaux des pays les plus faibles et en veillant aux ravages potentiels de l’aquaculture.

L’enjeu de la raréfaction des ressources halieutiques n’est pas encore perçu dans toute son ampleur. Il est pourtant considérable, aussi bien pour assurer la survie d’immenses populations qui n’ont que cette ressource à disposition que pour maintenir l’activité économique de ceux qui vivent des produits de la mer, pêcheurs et filières, ou pour assurer la biodiversité des eaux et des mers. Sommes-nous prêts à relever le défi ? Rompre ici comme ailleurs avec cette croyance des ressources infinies tout en restant fidèle à des valeurs humanistes.

* United Nations Convention on Law of the Sea 1982

** UN Fish Stocks Agreement 1995

En savoir plus : notre site d’actualité sur la Politique Commune de la Pêche

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