De Calais à Istanbul: l’Europe doit être responsable de ses réfugiés!

3 novembre 2014
Ce lundi matin, après le chavirage de leur embarcation, au moins 24 migrants sont morts noyés dans le détroit du Bosphore, non loin d’Istanbul. Il s’agirait principalement de personnes de nationalités afghane et syrienne – dont une majorité de femmes et d’enfants – à destination de la Roumanie. La Turquie est devenue une des principales routes des migrations d’Asie et d’Afrique à destination de l’Europe. La guerre civile en Syrie a fait considérablement augmenter le nombre de migrants qui quittent désormais la Turquie pour tenter de gagner l’Union européenne. 24 nouvelles victimes qui s’ajoutent aux 20.000 autres qui ont péri en mer au cours des 25 dernières années en tentant de rejoindre l’UE.
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Pour l’Eurodéputée écologiste Eva Joly, membre de la commission LIBE au Parlement européen :
« Cette nouvelle tragédie en mer à seulement quelques kilomètres de nos frontières est absolument insoutenable. L’Union européenne ne peut plus se contenter de ces décomptes macabres. Nous, citoyens européens, ne pouvons plus l’accepter ! Il faut prendre des décisions politiques humanitaires et solidaires à la hauteur des enjeux. Ceci n’est pas un accident. Ce sont les conséquences prévisibles de politiques européennes qui n’ont de cesse de renforcer toujours plus les frontières. Ce n’est que pure politique spectacle. On ne stoppe pas les flux migratoires en mettant en danger des candidats à l’immigration qui pour beaucoup fuient des pays en guerre. L’UE est au moins responsable de mise en danger de la vie d’autrui. Elle doit immédiatement offrir ses services à la Turquie à qui elle sous-traite hypocritement le traitement de migrants ayant vocation à l’asile. L’UE doit aussi et surtout revoir de fond en comble une politique migratoire dont on constate chaque jour l’échec patent et les conséquences humaines dramatiques. »

Pour l’eurodéputée écologiste Karima Delli :
« Alors que le ministre français de l’intérieur Bernard Cazeneuve est en déplacement en ce moment même à Calais sur la problématique des migrants, ce nouveau drame montre l’incapacité des Etats de l’Union européenne à bâtir une politique migratoire commune. Jusqu’à présent, les Etats-membres ferment les frontières nationales et sous-traitent le travail de lutte contre les trafics d’êtres humains aux pays voisins, dont la Turquie. De Calais au Bosphore, de Ceuta à Lampedusa, la politique sécuritaire de fermetures de l’espace Schengen entraîne des tragédies non seulement scandaleuses mais parfaitement évitables. L’Europe qui prêche partout en faveur des droits de l’homme, reste porte close pour les réfugiés qui fuient la guerre. Il faut pourtant se rendre à l’évidence: si nous voulons lutter contre la traite des êtres humains et le trafic des passeurs, la réponse ne peut être que de permettre un accès légal et sûr pour les réfugiés vers l’Europe.  »

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