José Bové remporte une première victoire dans son combat pour « des revenus agricoles plus justes »

7 septembre 2010
La chaîne alimentaire ne fonctionne pas correctement en Europe. L’alerte donnée par José Bové, et ses collègues eurodéputés de la commission Agriculture, vient d’être entendue par tout le Parlement européen. En séance plénière, son rapport sur « Des revenus plus justes pour les agriculteurs » a été approuvé par une grande majorité. La Commission européenne saura-t-elle prendre la balle au bond et suivre ses recommandations ?
Le constat est sans appel : depuis 1996, les prix alimentaires ont grimpé de 3,3 % par an tandis que les prix perçus par les agriculteurs n’ont augmenté que de 2,1 %. Dans ce contexte dramatique, écrit José Bové dans son rapport, « comment peut-on encore exercer la profession de paysan ? » De fait, leur revenu moyen dans l’UE des 27 a baissé de 12 % en 2009. Trouver des solutions pour re-équilibrer le rapport de forces entre les différents acteurs de la chaîne alimentaire – et assurer une répartition égale des bénéfices – est l’un des grands enjeux de la réforme de la Politique agricole commune (PAC) prévue pour 2013.

Fair play et concurrence

Négociants, fournisseurs, transformateurs, distributeurs… Le premier objectif est déjà d’en finir avec l’opacité dans laquelle sont posés les maillons de la chaîne alimentaire et de garantir un plus grand « fair play ». « Le Parlement demande à la Commission européenne de faire un recensement de toutes les dérives, marges arrière, contrats abusifs, ristournes, référencement et autres entorses et d’y mettre un terme, explique José Bové. Les députés souhaitent également la création d’un médiateur européen vers lequel les PME et les paysans pourront se retourner pour porter plainte. »


par EurodeputesEE

L’idée d’un observatoire européen des prix et des marges agricoles – tel qu’il existe déjà par exemple aux Etats-Unis – a été lancée. Objectif premier : la transparence des prix des denrées alimentaires. Pour apporter un soutien aux agriculteurs en difficulté, il faut en effet connaître les coûts de production en culture bio ou conventionnelle, évaluer les prix minimums et maximums, et établir « une fourchette au delà de laquelle, une aide financière pourrait être apportée ».

Deuxième objectif : armer les agriculteurs pour qu’ils négocient en toute équité avec leurs partenaires industriels. Il faut renforcer le pouvoir des organisations de producteurs : le rapport soutenu par le Parlement invite donc les autorités européennes et nationales de la concurrence, et les autres autorités de régulation impliquées dans la production et le commerce, à apporter une réponse énergique à la position dominante de certains acteurs. Et pourquoi ne pas imaginer une agence mondiale indépendante de régulation ? La « spéculation » sur les matières premières doit être encadrée par des mesures de régulation rigoureuses : « La reprise de la spéculation financière sur les marchés des dérivés des matières premières agricoles met en danger la vie des habitants de la planète », insiste José Bové qui annonce déjà que ce chantier sera l’une des priorités de son mandat.

Pratiques durables

Les bonnes pratiques existent, protégeons-les ! Le rapport de José Bové invite également la Commission et les Etats-membres à promouvoir, entre tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, des contrats équitables dont les termes seraient négociés avec les organisations d’agriculteurs et de producteurs, au prix « juste ». La Commission pourrait soutenir et faire la promotion des filières courtes et des marchés gérés directement par les agriculteurs (vente à la ferme) afin de permettre l’établissement d’un rapport direct avec les consommateurs. Elle pourrait aussi encourager le développement de l’alimentation de saison et locale dans les services de restauration collective.

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