Nouveau groupe parlementaire d’extrême-droite au Parlement européen

16 juin 2015
Marine Le Pen est parvenue à constituer son groupe politique au sein du Parlement européen. L’« Europe des Nations et des libertés » comprend 36 eurodéputés de sept nationalités différentes, grâce à l’arrivée de deux élus polonais du parti d’extrême droite KNP et d’une eurodéputée britannique, Janice Atkinson, exclue de son parti europhobe Ukip en mars dernier après avoir été accusée de fausse facture. Réaction de Philippe LAMBERTS, Président du groupe Verts-ALE.
Déclaration de Philippe LAMBERTS, Président du groupe Verts-ALE:

« Marine Le Pen remporte une nouvelle bataille avec la constitution de son nouveau groupe politique disposant des mêmes prérogatives que les autres au sein du Parlement européen.

La mécanique du cordon sanitaire a ses failles tout comme l’affichage de simples postures allant de l’indignation au déni. Des postures dans lesquelles se sont réfugiés les partis majoritaires se serrant les coudes au nom, soi-disant, de l’Europe et ses valeurs.

Cette sortie des limbes des non-inscrits les force pourtant à s’interroger sérieusement sur l’échec de leurs politiques. Car rappelons-le, derrière ce groupe extrémiste, ce sont des citoyens qui se sont exprimés. Des voix qui ne sont pas seulement celles de racistes ou d’anti-Européens primaires. Des voix qui traduisent aussi l’accumulation de frustrations et la perte de confiance envers les partis institutionnels ainsi que le projet de société qu’ils proposent.

Partenariat transatlantique et dérégulation, lois d’exception et protection privilégiée des intérêts de grands groupes économiques, etc. Autant de politiques qui participent en réalité de la déconstruction européenne et qui perpétuent la politique du « même » déconnectée des réalités.

Les partis traditionnels ont failli à la promesse fondatrice de l’UE, à savoir celle d’une prospérité durable et partagée. Ceux-ci contribuent activement à l’affaissement démocratique du continent. La montée des extrémistes est donc aussi le produit d’une tradition politique au logiciel périmé. L’Union européenne est en sursis et a un besoin criant d’innovation politique. « 

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