Hongrie : L’UE toujours aussi impuissante à défendre ses valeurs

19 mai 2015
La situation en Hongrie était à l’ordre du jour de la plénière du Parlement européen de cet après-midi en présence du Conseil, de la Commission et du Premier ministre hongrois, Viktor Orban. Contrairement à la demande des Verts-ALE, ce débat ne sera pas suivi d’une résolution en raison du refus des Présidents des centre-droit (PPE) et centre-gauche (S&D).
À la suite de ce débat, le Président du groupe Verts/ALE Philippe Lamberts a déclaré:

« Ce n’est malheureusement pas la première fois que ce Parlement se penche sur les entorses répétées de Viktor Orban à l’État de droit et à la démocratie. En 2013, cette assemblée adoptait le rapport de l’un des membres du groupe Verts-ALE, le Portugais Rui Tavares, qui mentionnait déjà l’incompatibilité de la réforme constitutionnelle pilotée par Orban avec les valeurs fondamentales de l’article 2 du Traité sur l’Union européenne (TUE). Manquements au regard de la liberté d’expression, de l’indépendance de la justice, de la séparation des pouvoirs, du pluralisme électoral, de la liberté de culte, de la défense des minorités etc. Autant de caractéristiques de la politique autoritaire d’Orban et de sa stratégie de concentration des pouvoirs qui ne datent évidemment pas d’hier.

Ses récentes déclarations en faveur de la peine de mort et l’enquête tendancieuse sur l’immigration actuellement menée au niveau national viennent alourdir le bilan affligeant en ce qui concerne le respect des valeurs que sont la démocratie, la primauté du droit, la liberté, l’égalité et le respect des droits de l’homme. Contre cette atteinte directe au projet politique d’Union européenne, il est regrettable que, pour des raisons de « filiation partisane », ce Parlement se garde d’avoir une parole libre. Tout autant d’ailleurs que les États membres et la Commission censée veiller au respect des Traités. Nous avons besoin de nouveaux instruments pour que soient effectivement respectées les valeurs européennes dans tous les États membres. Les mécanismes proposés dans le rapport Tavares voté à une large majorité par le Parlement vont dans ce sens. Ils pallient aux lacunes de l’activation, difficile et tardive du point de vue du processus de dégradation démocratique, de l’article 7 du traité sur l’existence d’un risque clair de violation grave des valeurs de l’article 2 du TUE. Il est nécessaire de créer les conditions d’une application continue des critères de Copenhague. Il en va de la crédibilité de l’Union européenne.« 

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