La biodiversité marine : Relier l’humain à la nature

31 mars 2012
Au Congrès des Verts mondiaux à Dakar du 29 mars au 1er avril 2012, tous les enjeux, toutes les priorités de notre monde en crise sont au coeur de nos discussions. L’occasion était donnée à Jean-Paul Besset de parler de la crise du vivant par la cible de la biodiversité marine et de la pêche. Retour en quelques mots et images sur l’atelier.

Des poissons et des hommes : les enjeux d’une nouvelle politique de la Pêche.
Les mers du monde constituent un immense bien commun. Elles sont la preuve vivante du lien indissociable entre les capacités de la nature et les activités humaines.
L’enjeu de la raréfaction des ressources halieutiques n’est pas encore perçu dans toute son ampleur. Il est pourtant considérable pour assurer la survie d’immenses populations, pour maintenir l’activité économique, pour préserver la biodiversité des eaux et des mers…
Une nouvelle politique globale de gestion des écosystèmes marins et des pêches s’impose pour garantir la durabilité des pratiques et des stocks.

Pour Jean-Paul Besset : « Tous les indicateurs de l’état de la planète sont au rouge. Nous sommes dans une logique de mise à mort de la ressource. Si les ressources continuent de décliner, tous les objectifs internationaux seront vains. La crise de la biodiversité marine est révélatrice. Sans poissons, il n’y plus de pêcheurs. 35 millions de personnes dans ce monde vivent directement de la pêche, 500 millions y sont liés. »

Pour Abdourahmane Tamba de SOS Environnement (Organisation de recherche et d’action sur l’environnement au Sénégal) : « Nous vivons dans un monde compartimenté. Nous savons que la construction sur le littoral réduit drastiquement la ressource halieutique, elle empêche les nutriments de la terre d’arriver en mer. Ces nutriments qui viennent du continent viennent nourrir les éléments producteurs de la chaîne alimentaire. Si on leur barre la route, on les voit disparaître. La perte de la biodiversité est liée à l’action humaine. J’ai vu disparaître les algues, je ne l’ai pas lu dans les livres, je l’ai vu. La nature ne compartimente pas le monde, elle lie l’homme et les éléments. »

Enfin Aminata NDIAYE, climatologue, maître de conférence à l’Université de Dakar, nous a rappelé la définition de la biodiversité et les enjeux véritables de sa perte sur la terre comme dans les océans. « Le changement climatique impacte les sols, les eaux, la faune et la flore, la perte de la biodiversité est née de la pression anthropologique. La réponse de la nature ne peut y répondre que décalée dans le temps, elle ne peut répondre immédiatement à la pression de l’activité humaine »

Le président des pêcheurs du delta du Siné au Sénégal nous a rappelé que les lois sont bien élaborées mais pas respectées sur la destruction des ressources, il faut davantage de sensibilisation citoyenne pour davantage de contrôle et de responsabilisation, il rappelle le pillage des flottes européennes sous prétexte des Accords de Pêche dans les eaux Africaines. Un militant écologiste Sénégalais rappelle lui aussi que l’Afrique nourrit l’Europe.

Un autre militant écologiste Sénégalais demande l’intégration des femmes à la décision au Sénégal. Ce sont elles qui transforment, qui vendent (coquillages et poissons), elles sont aussi celles qui cuisinent, leur intégration aux processus de décision fait partie des solutions.

Dans la salle, Européens, Africains, Océaniens, Nord Américains et Sud Américains, attentifs, suivaient ce débat riche en émotions.

Cet échange fut d’autant plus riche grâce à Mirielle Tall, qui bénévolement en a été l’interprète Français – Anglais. Sa bonne humeur et son enthousiasme ont donné le rythme de discussions passionnantes entre passionnés.

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