Migrations : l’UE doit répondre à l’urgence humanitaire en méditerranée

7 septembre 2012
En l’espace de quelques heures, deux bateaux transportant des migrants se sont échoués aux portes de l’Europe. Le premier naufrage, en provenance de Turquie, a couté la vie à 61 personnes dont 31 enfants, pour la plupart réfugiés syriens, irakiens et palestiniens. Cette nuit, une embarcation s’est échouée près de Lampedusa faisant plusieurs dizaines victimes, d’origine tunisienne. Communiqué de presse d’Hélène Flautre.
Hélène Flautre, députée européenne (Groupe Verts-ALE), membre de la Commission des Libertés Civiles, s’interroge :

 » Quand cela s’arrêtera-t-i l? Chaque nouveau naufrage vient alourdir le décompte macabre des milliers de morts déjà enregistrées en Méditerranée. A quelques kilomètres de la Grèce, puis de l’Italie… que fait l’Union européenne pour enrayer cette tragédie? La politique migratoire menée depuis des années pousse les personnes fuyant les persécutions ou à la recherche d’une vie meilleure à quitter leur pays dans des conditions de plus en plus périlleuses. Et pourtant à l’agenda européen, l’obsession sécuritaire continue: renforcer les activités de l’agence Frontex en Grèce, développer la super machine Eurosur…( 1) et cela à coup de milliards d’euros.

L’Union doit faire face à la crise humanitaire. La Commission doit mettre au plus vite sur la table une proposition de lignes directrices claires et contraignantes sur l’exigence primordiale du sauvetage en mer, notamment suite à la décision prise par la CJUE (2) hier. Leur mise en œuvre devra être rigoureusement contrôlée. Frontex est dotée d’une stratégie en matière de droits fondamentaux, qu’elle l’applique pour garantir la sécurité des migrants! Encore une fois, la surenchère à la surveillance est un leurre: si les migrants ne peuvent plus passer par la Méditerranée, ils passent par la Turquie! S’ils ne peuvent plus passer par la frontière terrestre gréco-turque, ils passent par les îles!

Le refus des Etats membres de comprendre la réalité migratoire en plus d’être inefficace est assassin. La responsabilité d’accueil des réfugiés ne doit pas seulement échoir aux pays frontaliers comme la Grèce et l’Italie: elle doit être assurée de manière équitable et solidaire. L’UE a les outils pour répondre à cette situation et mener une politique ambitieuse, responsable et ouverte: développer une politique de visas plus souple, activer le mécanisme de protection temporaire ou encore proposer la réinstallation…autant de propositions auxquels les Etats membres opposent une fin de non recevoir. »

(1) Eurosur se définit comme un « système des systèmes » permettant un renforcement de la surveillance des frontières pour parvenir à un système de gestion intégré des frontières en coopération avec l’agence Frontex.

(2) Cour de Justice de l’Union européenne

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*