Nouvelle stratégie européenne pour la biodiversité : la Commission manque son objectif

3 mai 2011
Après plusieurs mois d’attente, la Commission européenne vient aujourd’hui de présenter sa Stratégie Biodiversité pour 2020. Elle vise à mettre en oeuvre le plan stratégique international adopté lors de la COP10 de Nagoya (Japon) en octobre dernier, pour répondre au défi de la perte de la biodiversité d’ici 2020, mais manifestement, elle n’est pas à la hauteur des enjeux.
Pour Sandrine Bélier, députée européenne Europe Ecologie – Les Verts : « Nagoya a constitué un souffle d’espoir pour la valorisation de la biodiversité, mais les objectifs et les moyens proposés par la Commission aujourd’hui sont bien trop frileux. Ils ne permettent la réalisation des engagements internationaux de l’Union, ni de répondre à l’enjeu de la perte de la biodiversité. Cette stratégie aurait pu et aurait dû présenter un projet politique détaillé pour atteindre l’objectif révisé de l’UE de la perte de biodiversité d’ici à 2020. Au lieu de cela, il est décevant de constater qu’elle se caractérise par une absence de mesures concrètes. »

Et Sandrine Bélier, membre de la commission Environnement, d’ajouter : « Il est urgent que la lutte contre la perte de la biodiversité devienne une priorité essentielle qui se traduise dans toutes les politiques sectorielles de l’UE. Le véritable test de l’engagement de la Commission pour lutter contre l’appauvrissement de la biodiversité est désormais dans les propositions qu’elle présentera cette année dans les différents domaines d’intervention de l’UE. Le cycle du prochain exercice budgétaire, mais aussi de révision de la Politique Agricole Commune et de la Politique Commune de la Pêche seront révélateurs et cruciaux. L’Union européenne devra notamment assurer que tous ses programmes contribuent à la préservation de la biodiversité. Elle devra notamment assurer que les paiements directs au titre de la PAC seront liés à cet enjeu, mais aussi subordonner l’ensemble des fonds structurels à la pleine application de la réglementation en vigueur sur la biodiversité (Natura 2000) et sur l’eau (Directive Cadre sur l’Eau) dans les régions concernées. »

Et de conclure : « Nous avons besoin, plus que jamais, d’une forte volonté politique des Etats Membres pour ne pas connaître le même échec que la précédente stratégie. »

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