OGM dans le monde: un contre-rapport dresse un état des lieux alarmant

19 octobre 2011
PARIS – Les cultures d’organismes génétiquement modifiés (OGM), introduits
il y a 20 ans, n’ont atteint aucun des objectifs promis pour réduire les
pesticides et nourrir les pauvres et continuent à progresser dans le monde,
selon un contre-rapport d’ONG présenté mercredi à Paris.

Malgré le refus catégorique des produits génétiquement modifiés exprimé
par les citoyens de tous les pays sondage après sondage, la plupart des
dirigeants politiques s’engagent à soutenir cette technologie et
s’efforcent de faire adopter rapidement ces semences et récoltes OGM,
souligne le rapport coordonné par l’association indienne Navdanya
International et auquel ont participé une vingtaine d’associations des
Amériques, d’Afrique et d’Europe.

Cette technologie est la continuité d’un modèle mondial d’agriculture
industrielle qui a échoué à donner à manger à ceux qui ont faim et a
contribué à la destruction de l’environnement et au réchauffement
climatique, ajoute le document qui expose la situation vue du terrain sur
tous les continents.

En Inde, par exemple, 95% du coton cultivé est issu de semences
génétiquement modifiées et contrôlées par Monsanto, le géant chimique
américain, explique Vandana Shiva, directrice de l’association Navdanya
venue présenter le rapport à Paris aux côtés de l’eurodéputé français de
EELV, José Bové.

Le prix des semences locales traditionnelles a augmenté de 8.000% faisant
grimper aussi le prix des pesticides, selon l’écologiste, ajoutant que cela
a provoqué lors de la dernière décennie une vague de suicides parmi les
agriculteurs indiens surendettés.

La tendance est très claire, si on n’arrête pas les OGM, il n’y aura plus
d’agriculture bio et plus de semences non OGM, a-t-elle souligné en
félicitant les mouvements paysans européens et les gouvernements pour s’y
être opposés.

En Europe, a résumé José Bové, seuls deux produits contenant des OGM ont
été autorisés, le maïs Monsanto Mon810 et la pomme de terre génétiquement
modifiée Amflora.

Mais la commission européenne n’est pas pressée de lancer le
renouvellement des autorisations parce qu’il y a un énorme problème de
légitimité de l’Agence européenne sanitaire des aliments (AESA), a-t-il
rappelé.

Des doutes sérieux sont apparus sur l’indépendance des membres de cette
agence par rapport à l’industrie. De plus l’AESA se base, selon
l’eurodéputé sur les données fournies par les industriels pour décider des
homologations.

Le rapport est consultable en anglais sur le site
.

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*